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Vivre au Moyen-Orient pendant la Première Guerre mondiale. Partie 2 : les sociétés face à la guerre
Article publié le 01/11/2016

Par Delphine Froment

Quand l’Empire ottoman entre en guerre en octobre 1914 aux côtés des Empires centraux face à la Triple Entente, des sociétés entières sont impactées par les contraintes et impératifs inédits imposés par le conflit. Les conditions de vie s’avèrent extrêmement difficiles : la guerre entraîne avec elle la famine et les épidémies, laissant de nombreux individus dans la plus grande misère, et creusant un peu plus le fossé des inégalités sociales. Car tandis que certains tentent de survivre, d’autres, au contraire, saisissent l’occasion du conflit pour s’enrichir et connaître une véritable ascension sociale. En fin de compte, la Première Guerre mondiale, avec son lot de souffrances et de violences, a contribué à une totale reconfiguration des sociétés au Moyen-Orient.

Un traumatisme qui déstructure les sociétés

Dans la magistrale histoire sociale qu’elle fait des années 1914-1918 au Moyen-Orient, Leila Tarazi Fawaz parle très souvent de la guerre comme d’un « traumatisme » pour les sociétés. Le « traumatisme mental » subi aurait même été plus important que les destructions physiques et matérielles (1).

Ainsi, durant le conflit, « pour certains, la souffrance était insupportable » (2). Leila Tarazi Fawaz a ainsi noté les très nombreuses violences qui émergent des difficiles conditions de vie que la guerre impose aux sociétés moyen-orientales. Par exemple, les taux de suicide éclatent dès l’été 1915 en Egypte, où de nombreux hommes se tuent de désespoir d’avoir été incapables de permettre à leur famille de subsister ou d’avoir vu tous leurs proches mourir. Mais surtout, la famine aurait entraîné des pratiques de cannibalisme. Plusieurs récits racontent comment des mères auraient mangé leurs propres enfants, morts de faim, afin de ne pas périr à leur tour des mêmes causes : vers Tripoli, une femme aurait ainsi été prise en train de manger son enfant, expliquant qu’elle ne voulait pas mourir à son tour des suites de la famine, et qu’elle avait même déjà mangé un autre enfant auparavant ; cependant, d’après l’enquête, l’enfant ne serait pas mort de manière naturelle mais aurait été poignardé, ce qui conduisit à l’emprisonnement de la femme ; de même, au Caza de Metn, un district du Liban, une femme aurait dévoré le cadavre de son neveu. Il est cependant difficile de savoir s’il s’agit là de simples rumeurs ou de faits réels. Mais ces anecdotes montrent au moins combien la guerre, et plus particulièrement la famine, ont marqué les esprits de l’époque au point de les laisser envisager des conséquences aussi extrêmes que le cannibalisme.

Les contemporains constatent également une hausse de la criminalité, qu’ils mettent en lien avec les nombreuses privations que subissent les individus en temps de guerre. Le Times rapporte ainsi en 1916 que le Liban connaît un pic de criminalité exceptionnel, alors qu’il s’agit, d’après le journal, de la région la plus paisible en temps normal. Il s’agit surtout de petits vols commis par les plus affamés et les plus jeunes. De nombreux enfants se spécialisent ainsi dans le vol à l’arrachée de paniers. Le poète Khalil Sakakini (1878-1953) témoigne : « Dans de telles conditions de vie et avec les prix qui montaient en flèche, les enfants n’avaient pas d’autre choix que de piller boulangeries et restaurants. Moi aussi, je l’aurais fait si j’avais été enfant dans de telles conditions (3) ».

Enfin, la hausse de la prostitution est également souvent vue comme une conséquence de la guerre. De nombreuses femmes n’ont d’autre choix que se prostituer pour survivre. Il s’agit notamment là d’un thème récurrent dans la littérature libanaise, et que l’on retrouve par exemple dans un poème de Bishara al-Khuri sur la pauvreté : une jeune femme est contrainte de se prostituer pour subvenir aux besoins de sa fille, car son mari est au front ; payée avec de la monnaie contrefaite, elle est emprisonnée, laissant sa fille à la rue. La prostitution est encouragée en Egypte et au Liban par l’affluence importante de militaires : alors que des troupes britanniques stationnent au pied des pyramides, à quelques kilomètres du centre du Caire, le Caire devient, selon les dires d’un soldat, « une ville du vice, pleine de bordels et de repaires pour les joueurs, et où ceux qui recherchent la jouissance la trouveront partout (4) ».
Ces différents exemples tendent, selon Leila Tarazi Fawaz, à montrer que les pressions et tensions inhérentes au conflit ont contribué à « l’éclatement des normes sociales, et, ainsi, au bouleversement des sociétés de l’immédiat après-guerre (5) ».

Ce regain de violences populaires s’accompagne de violences institutionnalisées et organisées par l’Etat ottoman pendant la guerre, ajoutant un peu plus au traumatisme et contribuant elles aussi à déstructurer les sociétés. Tout d’abord, certains groupes ethniques ou politiques sont plus directement visés par les autorités. Le génocide (6) des Arméniens de 1915 est à cet égard un exemple de plus en plus connu et reconnu. Mais de nombreux Arabes, soupçonnés de nationalisme, sont également déportés pour leurs idées politiques : dans le cadre de la répression de l’agitation arabe, on déporte vers l’Anatolie quelque 50 000 familles libanaises et syriennes ; le 6 mai 1916, un groupe interconfessionnel de vingt-et-un Arabes (dix-sept musulmans, quatre chrétiens) sont pendus à Beyrouth et à Damas, devenant par la même occasion des martyrs du nationalisme arabe (7). D’ailleurs, la place centrale de Beyrouth porte depuis le nom de « place des Martyrs » en hommage à ces nationalistes arabes ; un groupe statuaire en leur honneur y est également érigé, conçu par le sculpteur italien Marino Mazzacurati en 1960. Enfin, les désertions dans l’armée sont très sévèrement punies : quand ils sont rattrapés, les déserteurs reçoivent le fouet ou sont même condamnés à mort (en Syrie, en particulier, la peine de mort est prévue dans les cas de désertion). Un aventurier vénézuélien, Rafael de Nogales Méndez, a ainsi raconté dans ses Mémoires les méthodes extrêmement sévères contre eux : « Il ne se passait pas un matin sans que deux ou trois cadavres de déserteurs arabes se balancent en haut d’une poutre ou d’un poteau télégraphique (8) ». Un homme se cache derrière ces violences étatiques : Djemal Pacha, l’une des trois personnalités ayant formé le triumvirat militaire gouvernant l’Empire ottoman durant la Première Guerre mondiale. Perçu comme l’un des auteurs les plus importants du génocide arménien et des répressions diverses commises durant la Première Guerre mondiale, il a depuis reçu le surnom de « Djemal Pacha al-Saffâh », c’est-à-dire « Djemal Pacha le Boucher ».

Notons néanmoins que si les déserteurs sont sévèrement traités par les autorités, leur désertion est au contraire fort bien accueillie par les populations civiles moyen-orientales. Une réception favorable en contraste, d’ailleurs, avec celle des populations occidentales durant le conflit, où les désertions n’étaient pas du tout perçues avec la même compréhension.

Philanthropes et profiteurs

Si la guerre a apporté son lot de souffrances, elle a aussi été une formidable opportunité pour certains individus de s’enrichir ou d’asseoir leur puissance : le conflit est ainsi devenu le théâtre d’un marché noir où les principaux acteurs ont été les profiteurs. L’une des meilleures occasions de s’enrichir est de spéculer sur les denrées alimentaires (riz, sucre, farine) et sur les propriétés des plus pauvres. Il s’agit là d’un topos que l’on retrouve largement dans la littérature arabophone : dans Le dernier seigneur de Marsad, roman de Charif Majdalani (2013), la famille Khattar s’enrichit ainsi par de redoutables spéculations sur le blé pendant la Première Guerre mondiale. L’historien Ali al-Wardi écrit également : « Ceux qui ont vécu la famine au Liban racontent que certains riches ont réussi à accroître leur fortune par le biais du monopole ou de l’usure et par le biais de l’achat de propriétés et de biens coûteux à des prix extrêmement bas. Ils continuaient de manger dans leurs belles demeures ainsi qu’ils avaient toujours mangé, donnant des festins avec des mets délicieux où ils s’amusaient et riaient sans se soucier des terribles souffrances que subissaient leurs compatriotes (9) ».

Ce faisant, la guerre creuse le fossé entre riches et pauvres, et accentue les inégalités sociales : de nombreux témoins y assistent et s’en étonnent. Les Allemands, par exemple, ou encore l’écrivain et industriel Charles Corm qui, dans une pièce non publiée datée de 1914, critique les riches qui jouent au tennis et vivent de manière superficielle et insouciante en des temps aussi graves et durs.
Malgré tout, certaines familles épargnées par les maux de la guerre tentent de porter secours à leurs prochains. Les Sursocks, une famille de Grecs-Orthodoxes avec un long passé d’activités de mécènes avant la guerre (notamment le financement d’une école pour filles dans les années 1880), se distinguent ainsi pendant la guerre en finançant de nouvelles infrastructures autour de Beyrouth durant le conflit, et en construisant l’hippodrome de Beyrouth pour pouvoir y fournir des emplois aux plus pauvres. D’autres individus distribuent de la nourriture : par exemple, Charles Corm, constatant lors d’un voyage la misère et la famine des habitants du Mont-Liban, s’est employé à trouver de nombreux moyens de subvenir aux besoins alimentaires des villageois affamés (notamment, une pâte produite à partir de grappes de raisins asséchés dans des vignobles abandonnés).

Mais si certains ont cherché à faire œuvre de philanthropie, il n’empêche que la guerre a été un moment de souffrance et de misère collective, dans lequel tous ont cherché à survivre. Ces moyens de subsistance ont pu être la mendicité, la prostitution, la criminalité, mais aussi l’opportunisme d’individus qui s’engouffraient dans les brèches pour pouvoir tirer profit de l’instabilité politique, économique et sociale à bon compte, sans que leurs actes soient forcément condamnés par les autorités.

Reconfigurations sociales et politiques

Si ces différents aspects ont pu nous faire parler d’une déstructuration de la société par la guerre, il est également important d’évoquer les nombreuses reconfigurations sociales engendrées par la guerre.

Tout d’abord, avec les hommes partis sur le front, les femmes ont accédé à une place nouvelle et ont, au moins le temps de la guerre, occupé un rôle inédit au sein des sociétés moyen-orientale, remplaçant leurs maris, fils, frères ou pères aux champs ou dans les ateliers de confection. Surtout, le gouvernement ottoman, prenant conscience de l’importance nouvelle des femmes dans l’économie de guerre, propose des mesures pour l’émancipation de la femme. Certes, les Jeunes-Turcs avaient déjà mené quelques actions en ce sens en développant l’enseignement primaire et secondaire pour les filles dès avant la guerre, mais durant le conflit, un nouveau pas est franchi : en 1916, la loi permet aux femmes de demander le divorce si leur mari a commis un adultère, a violé le contrat de mariage ou a épousé une autre femme sans le consentement de la première ; le nouveau code de la famille de 1917 établit que le mariage, le divorce et les autres relations familiale ne dépendent plus des tribunaux religieux, mais uniquement des autorités séculières ; l’âge minimum du mariage est repoussé à 16 ans, pour permettre aux jeunes filles de continuer à travailler sans être déjà mariées ; enfin, on étend le réseau des écoles à vocation féminine, ce qui permet une croissance notable de la présence des femmes dans les études supérieures.

De même, la guerre a permis un mélange inédit des populations de l’Empire au sein de l’armée ottomane. En effet, sous l’égide de l’armée, de nombreuses classes et ethnies ont pu se côtoyer : Turcs, Kurdes, Syriens, Albanais, Bulgares etc. combattent côte à côte, ainsi que des soldats issus de milieux ruraux et des soldats venus des villes. La guerre crée ainsi une nouvelle géographie mentale de l’empire pour ces individus. Elle est l’occasion de leur faire découvrir de nouvelles formes de mobilités (certains découvrent l’automobile ou le chemin de fer), tout en leur imposant de nouvelles interactions, que ce soit avec des groupes ethniques différents et inconnus, ou avec des officiers étrangers (allemands et austro-hongrois, notamment). Ainsi, l’armée est le berceau d’une nouvelle camaraderie entre ces différents groupes d’individus qui ne se côtoyaient pas avant la guerre.

Néanmoins, il ne faut pas exagérer l’idée d’une armée qui aurait mélangé tous les sujets de l’Empire ottoman. Les régiments se composent, malgré tout, d’individus issus des mêmes groupes ethniques. Et cette organisation a pu être source de conflits dans la période d’après-guerre, en divisant davantage encore les sociétés de l’Empire. Le meilleur exemple est peut-être celui de la bataille de Gallipoli, dont la mémoire est extrêmement importante en Turquie aujourd’hui encore. Dans l’après-guerre, cette bataille a été présentée comme une immense victoire turque, sous le commandement du Lieutenant Colonel Mustafa Kemal. De fait, de nombreux régiments étaient essentiellement composés de Turcs. Mais des régiments arabes ont également contribué à cette victoire : de nombreux Syriens faisaient partie des régiments de la dix-neuvième division qui a fait face aux premiers assauts de l’ANZAC (10) ainsi qu’aux corps expéditionnaires britanniques. Mais les Turcs ont largement dénigré cette participation. Au moment même du conflit, Erik J. Zürcher a montré que lorsqu’il était question d’échanger des prisonniers, les rapports britanniques notent que les commandants ottomans demandaient que soient échangés des troupes turques, et non pas des troupes arabes, contre des troupes britanniques ; s’il fallait échanger des soldats arabes, c’était uniquement contre des soldats indiens de l’armée britannique (11). Ces types d’agissements contribuent a une rupture entre les tribus arabes et les autorités ottomanes : quand leurs intérêts divergent, les chefs tribaux ne coopèrent plus avec le gouvernement d’Istanbul. Surtout, cette attitude des Ottomans envers les tribus arabes a beaucoup joué dans les divisions internes de l’Empire et dans l’agitation arabe menant au grand bouleversement politique que fut la Révolte arabe pour l’Empire ottoman.

Loin de penser que les sociétés moyen-orientales n’ont pas été impactées par la Première Guerre mondiale et que celle-ci s’est uniquement jouée sur le front au Moyen-Orient, on voit au contraire que les civils ont, eux aussi, été frappés de plein fouet par le conflit. Les populations ont été marquées durablement par ce traumatisme ; et la guerre, creuset d’une criminalité inédite et d’inégalités sociales nouvelle, a été la source de reconfigurations sociales et politiques multiples. La Première Guerre mondiale apparaît donc bien comme le berceau des reconfigurations et redéfinitions sociales et politiques d’après-guerre.

Lire la première partie : Vivre au Moyen-Orient pendant la Première Guerre mondiale. Partie 1 : des conditions de vie difficiles

A lire sur Les clés du Moyen-Orient :

- Les Relations russo-ottomanes au XIXème siècle. Deuxième partie : du milieu du siècle à la Première Guerre mondiale

- 1915 : L’année des premières grandes tragédies collectives du 20ème siècle, ou le devoir de mémoire

- Première Guerre mondiale et chute de l’Empire ottoman

- La pénétration allemande dans l’Empire ottoman à la fin du XIXème siècle (1880-1914)

Notes :

(1) Leila Tarazi Fawaz, A Land of Aching Hearts. The Middle East in the Great War, Cambridge, London, Harvard University Press, 2014, pp. 119-120.
(2) Ibid., p. 114.
(3) Khairia Kasmieh, « The First World War as Represented in Autobiographies in Contemporary Damascus », in O. Farschid, M. Kropp, S. Dähne, The First World War as Remembered in the Countries of the Eastern Mediterranean, Beirut, Orient-Institut, 2006, p. 281.
(4) Leila Tarazi Fawaz, A Land of Aching Hearts, op.cit., p. 118.
(5) Ibid., p. 119.
(6) Le terme de « génocide » continue de faire débat en Turquie, mais il a été reconnu par la France et l’Union européenne.
(7) Jean-Pierre Filiu, Les Arabes, leur destin et le nôtre : Histoire d’une libération, Paris, La Découverte, 2015.
(8) Rafael de Nogales Méndez, Four Years beneath the Crescent, London, Taderon, 2003, p. 222.
(9) Ali al-Wardi, cité in Leila Tarazi Fawaz, A Land of Aching Hearts, op.cit., p. 127.
(10) Corps d’armée australien et néo-zélandais.
(11) Erik J. Zürcher, « Between Death and Desertion : The Ottoman Empire Experience in World War I », Turcica, 28, 1996, p. 241.

Bibliographie :
− Olivier Bouquet, Philippe Pétriat, Pierre Vermeren, Histoire du Moyen-Orient de l’Empire ottoman à nos jours. Au-delà de la question d’Orient, Paris, Publications de la Sorbonne, 2016.
− Leila Tarazi Fawaz, A Land of Aching Hearts. The Middle East in the Great War, Cambridge, London, Harvard University Press, 2014.
− Jean-Pierre Filiu, Les Arabes, leur destin et le nôtre : Histoire d’une libération, Paris, La Découverte, 2015.
− Robert Mantran (dir.), Histoire de l’Empire ottoman, Paris, Fayard, 1989.
− Hikmet Özdemir, The Ottoman Army 1914-1918 : Disease and Death on the Battlefield, Salt Lake City, University of Utah Press, 2008.
− Elizabeth Williams, « Economy, Environment and Famine. World War I from the perspective of the Syrian Interior », in M. Talha Çiçek (éd.) Syria in World War I : Politics, Economy, and Society, London, New-York, Routledge, 2016, pp. 150-168.
− Erik J. Zürcher, « Between Death and Desertion : The Ottoman Empire Experience in World War I », Turcica, 28, 1996.

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