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Myriam Benraad, L’État islamique pris aux mots
Article publié le 04/12/2017

Compte rendu de Enki Baptiste

Cet ouvrage de Myriam Benraad, docteure en science politique et spécialiste de l’Irak, vise à rendre accessible et à décrypter le discours propagandiste de l’État islamique (EI). Selon l’auteure dans l’introduction de son ouvrage, l’état de la recherche sur ce sujet est maigre. On ne peut effectivement que déplorer cette pénurie manifeste de travaux consacrés aux discours djihadistes. On relèvera toutefois l’ouvrage de Asiem al-Difraoui sur l’iconographie d’al-Qaïda ou les travaux de Gilles Kepel (1), dont ce dernier et l’auteure de ce livre furent des élèves.

Pourtant, comme le remarque Myriam Benraad dans son introduction, « la rhétorique djihadiste émet plus qu’une simple représentation du monde : elle le transforme par son énoncé » (p. 10). Inutile d’avoir à se rendre sur les sites où l’on trouve les documents de propagande djihadiste pour s’apercevoir que celle-ci est bâtie sur une binarité fondamentale. Cette dernière reprend, en un sens, la binarité du discours violent promut par l’administration Bush après le 11 septembre 2001 : le monde et a fortiori ici les musulmans sont appelés à positionner entre l’islam et la mécréance. L’EI rejette toute idée d’une zone grise où pourrait agir une prédication islamique (2). Il n’y a que le monde de l’islam et celui de la mécréance. Dans cette optique, une analyse plus approfondie des structures du discours et de ses binarités sous-jacentes est la méthode choisie par Myriam Benraad ici : l’auteure a sélectionné, dans une volonté de clarification, vingt thèmes structurant la propagande, vingt oppositions classiques mais dont la résonance historique et la manipulation discursive par l’EI méritent d’être éclaircies. Dans la mesure où la propagande djihadiste n’a pas uniquement l’ambition de faire penser mais également d’entrainer une réaction et de donc de faire faire (p.12), les concepts mobilisés sont essentialisés eu égard à leur histoire et deviennent de puissants leviers d’action symboliques dans l’imaginaire musulman.

Les binarités étudiées sont les suivantes : Occident/Orient ; civilisation/barbarie ; islam/mécréance ; djihad/croisades ; colonial/décolonial ; unité/division ; califat/démocratie ; oumma/nation ; tyrannie/libération ; corruption/justice ; humiliation/revanche ; grandeur/décadence ; tradition/modernité ; bien/mal ; pur/impur ; beauté/laideur ; utopie/dystopie ; immanent/transcendant ; paradis/enfer ; vie/mort.
Le matériel utilisé est, quant à lui, extrait des principaux organes de presse de l’EI, dont une liste exhaustive est établie par résonance Benraad au début de son ouvrage.

La première opposition, celle entre Occident et Orient, est abordée comme introduction à toutes les autres. La lecture de l’ouvrage révèle en effet que cette dernière structure presque l’intégralité du discours djihadiste. Cette propagande est obnubilée par l’affrontement final qui doit avoir lieu entre les armées mécréantes et les soldats de l’islam. Le titre même de deux de ses principaux organes de presse, Dabiq (3) et Rumiyah, rappelle cette obsession eschatologique. C’est ainsi que l’EI construit son Occident honni, sans lequel il ne peut exister comme terre de pureté, reprenant certains points du discours orientaliste en renversant les perspectives. Le pendant de cette opposition est le contraste entre la civilisation – la notion est associée à la terre du califat – et la barbarie – qu’incarne l’Occident. Ainsi, la violence dont fait usage l’EI sur ses territoires et à l’étranger est considérée comme légitime et nécessaire à l’établissement d’un nouvel ordre islamique. À ceux qui la conçoivent comme une preuve de la folie des djihadistes, Myriam Benraad répond que bien au contraire, cette violence est tout à fait préméditée, réfléchie et assumée (p. 28) (4). Il s’agit d’un processus de « barbarisation réactive » (p. 29) au cours duquel l’EI revisite l’image du monde occidental comme havre de civilisation. Support de cette violence, la division binaire du monde (5) promue par les djihadistes permet de justifier les nombreuses attaques commises dans différents pays. S’appuyant sur la théologie classique, l’EI appelle ainsi à s’attaquer aux territoires dans lesquels la charia n’est pas appliquée ou dans lesquels elle fut un temps appliquée, avant que l’islam ne soit supplanté par une autre religion (6). Cela permet aux djihadistes d’essentialiser une haine supposée historique et indépassable des musulmans pour les autres croyants et de promouvoir un djihad offensif général. Cette notion de djihad – malgré les différents sens qu’elle porte – n’est conçue, dans l’idéologie djihadiste, que dans son acception guerrière, en réponse à la croisade mécréante contre le monde musulman. Puisant dans l’imaginaire historique médiéval, les djihadistes se posent comme les garants d’une foi idéale face à un complot mondial opposant juifs, chrétiens, athées et chiites aux sunnites. Ces ennemis sont représentés comme d’éternels conquérants (pp. 44-45), le discours faisant fi de l’incroyable complexité du phénomène de la croisade. Dans la droite ligne de cet imaginaire de la croisade se situe l’idée d’un Occident, perpétuel colonisateur. Al-Baghdadi se pose volontiers en « casseur de frontière ». L’expression rappelle bien sûr les images tournées à l’été 2014 à la frontière syro-irakienne dans lesquelles on voit les djihadistes pulvériser le talus de sable servant de frontière à coup de bulldozers. Rejetant les frontières nationales perçues comme héritages coloniaux, les djihadistes font leurs les combats entamés par les réformistes musulmans à l’aube du XXe siècle. Myriam Benraad note toutefois que, comme dans la majorité des sociétés postcoloniales dans lesquelles le mouvement contre la puissance coloniale a vaincu, on assiste à un phénomène que le politiste péruvien Aníbal Quijano a nommé la « colonialité du pouvoir ». Il s’agit en somme de la résurgence, dans les sociétés en question, des traces du colonialisme dans les nouveaux pouvoirs. Ne peut-on pas considérer, en effet, que l’EI mène un projet impérialiste – dans une perspective renversée néanmoins, puisque le groupe entend lutter contre « la mondialisation mécréante » et promouvoir « l’ascension du géant islamique » (Dabiq, 4 : 4, cité p. 54).

Dans le cadre de la promotion de ce nouvel impérialisme, l’EI n’a cessé de présenter une vision fantasmée de l’unité islamique, opposée à la désunion de l’Occident et impliquant que le vrai croyant se dissocie de ces sociétés de la mécréance. Cette injonction correspond au principe de l’alliance et du désaveu (al-wala wa l-bara’a) théorisé par le fondateur du wahhabisme, ‘Abd al-Wahhab. Bâtissant son empire et justifiant la nécessité d’un retour à l’islam des origines sur les échecs des grandes idéologies séculières du XXe siècle, l’EI a ainsi pris soin de réhabiliter l’institution califale afin, d’une part, de se démarquer des autres groupes djihadistes et, d’autre part, de se poser en principal promoteur du modèle islamique le plus conforme à ce qu’aurait été l’État islamique médinois. En tout point opposé à la démocratie, dont la nature même s’oppose à la souveraineté divine, le califat est perçu par les djihadistes comme la réalisation de l’islam dans sa complétude, c’est-à-dire dans sa dimension politique, religieuse, sociale et économique (7). Ainsi, Myriam Benraad estime que « cette perception romancée repose sur la remémoration constante des histoires et légendes attachées aux anciens califats et sur l’affirmation que les puissances étrangères essaieraient par tous les moyens de contrecarrer cette renaissance » (p. 66). L’oumma, la communauté des croyants, serait appelée à se reconstituer dans ses formes originelles. Ce discours unitaire de l’EI est principalement dirigé contre le nationalisme, une idéologie considérée par les djihadistes comme idolâtre (p. 69). L’EI s’est ainsi toujours positionné comme le principal concurrent des groupes djihadistes dont les objectifs étaient avant tout nationaux : on peut ici faire référence aux Frères musulmans égyptiens ou aux Talibans afghans (8). L’EI estime ouvrir un chapitre augurant de la « transition d’un imaginaire colonial à un imaginaire religieux, en refermant les séquences coloniale et postcoloniale » (p. 73). Myriam Benraad relève toutefois bien le paradoxe principal de la propagande de l’EI : le vocabulaire employé et ses représentations sont modernes et en bien des points nationalistes (9).

La lutte djihadiste doit donc impérativement s’inscrire dans le cadre d’un califat prétendument universel et vise à renverser le taghout (la tyrannie). C’est en développant cette logique de la tyrannie que les djihadistes ont justifié leurs multiples attaques contre des pays musulmans : le régime n’étant pas assez islamique, il est légitime de le renverser. C’est aussi dans le cadre de cette conception de la tyrannie que les djihadistes ont très tôt considéré les policiers, les militaires, les institutions de gouvernance ou les civils comme les agents de la mécréance et de sa propagation (kufr bi-l-taghout), les transformant en cibles privilégiées et légitimes (p. 78). Le discours de l’EI met en exergue l’opposition structurante entrevue au début entre Orient et Occident, faisant de l’Occident le haut lieu de la corruption morale, politique et économique. Se considérant comme les héritiers directs du monothéisme abrahamique, les djihadistes voient prospérer leur califat sur les ruines d’une Europe dans laquelle le monothéisme s’est éteint : en témoigne la dépravation qui y règne (boites de nuit, clubs échangistes, pratique ouvertement assumée de l’homosexualité). Les soldats du califat se posent ainsi en justiciers de l’islam, aussi bien sur le plan social que moral. Car le substrat social et historique qui sous-tend cette tension est celui de l’humiliation permanente des sunnites. Cette thématique a connu un franc succès dans un terreau fertile de populations – irakiennes en particulier – dont l’expérience politique de ces dernières années est celle de la corruption et de la marginalisation. À ces phénomènes d’exclusions se sont ajoutées les images des humiliations subies dans les centres de détention américains. L’EI n’a pas eu à forcer son talent pour apparaître rapidement comme le sauveur et le restaurateur de la dignité des musulmans. Son discours a procédé par renversement du processus de déshumanisation et les Occidentaux sont ainsi devenus des « chiens » et des « cochons » dont la faiblesse face aux « lions du califat » n’est plus à démontrer.

Faisant siennes les constructions théoriques du califat idéal produites dans les siècles suivants la sortie d’Arabie dans le cadre des grands califats médiévaux, l’EI entend restaurer le modèle politique de l’islam par excellence qui permettra aux musulmans de recouvrer leur dignité. La proclamation du califat se couple à une injonction générale faite à l’ensemble des musulmans qui sont invités à se dissocier des sociétés mécréantes occidentales et à émigrer dans les terres de l’islam (10). Ce n’est que lorsqu’il aura fait ce voyage que le croyant pourra rejeter pleinement son ancienne identité et qu’il deviendra un bon musulman. Myriam Benraad le rappelait dans l’introduction de son ouvrage, la radicalité de l’EI s’exprime justement à travers cette absence de compromission possible entre les territoires de l’impureté et les terres du califat. Sa propagande révèle une véritable obsession pour ces notions de pureté et d’impureté (p. 116). Cela se matérialise, tout d’abord, dans la représentation que les djihadistes ont d’eux-mêmes : ils se voient comme les gens du vrai (ahl al-haqq). Ensuite, cette obsession se concrétise aussi dans ce que l’auteure nomme « la plastique djihadiste » (p. 122), c’est-à-dire l’idéalisation constante des territoires et des hommes habitant les terres du califat. Les vidéos publiées par le groupe ont atteint un degré très élevé de stylisation grâce à laquelle l’ultraviolence est constamment mise en scène et les paysages magnifiés, s’opposant en tous points à l’extérieur honni, laid et surtout « vide de Dieu » (Dar al-islam, 1 : 2, cité p. 125). Ce n’est donc qu’à travers le ralliement total et physique au groupe que le croyant se réalise pleinement comme musulman. Là encore la propagande de l’EI est paradoxale : ses réalisations audio-visuelles reprennent les canons de l’esthétique occidentale. Ses vidéos et ses images sont dans la filiation directe des codes hollywoodiens contemporains : cinéma de terreur, animation de synthèse, spot télévisés alarmistes et visions catastrophiques.

La recréation d’une forme d’État sur des fondements idéologiques aussi absolus interroge et peut être perçue comme la concrétisation d’une utopie radicale quand F. Fukuyama annonçait pourtant en 1992 la fin de l’histoire. En reprenant à son compte les passions déçues des grandes utopies du XXe siècle, l’EI s’est posé comme la seule entité à même de libérer les populations de leur aliénation. Sa propagande se caractérise notamment par un effort de réécriture de l’histoire, afin de proposer un discours poli et luisant dans lequel les aspérités historiques sont gommées. Il s’inscrit dans un rapport transcendant à l’histoire : ainsi, la révélation prophétique est descendue afin de perdurer jusqu’à la fin des temps (p. 137). Elle est ainsi rendue anhistorique et donc indépassable.

Myriam Benraad achève son ouvrage en s’intéressant à la représentation de la mort et du martyre par l’EI. La promotion de la mort au combat est assumée à l’aune du rejet radical de l’EI pour les choses de ce bas-monde (al-dunya). Le djihad est la manifestation la plus pure de ce rejet des choses matérielles grâce à laquelle le combattant martyr entera au paradis. À la représentation du paradis comme un espace de béatitude s’oppose l’image de l’Enfer. L’EI s’est par ailleurs appliqué, selon ses propres dires, à reproduire les prodromes des tourments qui attendent les mécréants en Enfer : ainsi, l’immolation du pilote jordanien ou de deux soldats turcs sont autant de mises en scène macabres qui répondent d’abord à une volonté de choquer mais aussi à une lecture eschatologique de l’histoire dans laquelle les ennemis honnis sont promis aux feux, aux chaînes et aux crochets infernaux. Cette recherche constante du martyre a rendu les soldats de l’organisation djihadiste particulièrement dangereux. Reprenant la formule célèbre d’Oussama Ben Laden, « nous aimons la mort autant que vous aimez la vie », les djihadistes n’ont eu de cesse de glorifier l’acte de martyr. Les Occidentaux, en revanche, sont représentés comme aliénés à leur confort matérialiste et terrifiés par la mort. Englué dans sa déprédation morale généralisée, l’Occident est le lieu du narcissisme et de l’individualisme, autant de notions honnies par l’EI et qu’il convient de combattre autant que possible, par tous les moyens.

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Myriam Benraad, L’État islamique pris aux mots, Armand Colin, Paris, 2017.

Notes :
(1) Gilles Kepel a fourni, dans nombre de ses travaux, de fines analyses des principaux fondements du discours djihadiste. On notera, en particulier, l’ouvrage qu’il a dirigé : Gilles Kepel (dir.), Al-Qaïda dans le texte, Presses Universitaires de France, Paris, 2008.
(2) M. Benraad ne le relève pas ici mais cette idée de zone grise renvoie probablement à la conception du monde défendue par le fondateur des Frères musulmans, Hasan al-Banna, qui suggérait que l’effort d’islamisation (ou de réislamisation ?) des sociétés devait justement prendre place dans cet espace intermédiaire. Nous renvoyons, pour cela, à l’article de Stéphane Lacroix, « L’islamisme, au prisme des Frères musulmans », in Nabil Mouline, Sabrina Mervin (dir.), Islams politiques. Courants, doctrines et idéologies, CNRS Éditions, Paris, 2017.
(3) Dabiq est un petit village dans le nord de la Syrie, dans la province d’Alep. Il est le lieu où, selon plusieurs sources eschatologiques et prophétiques, doit se dérouler l’affrontement final entre l’armée des Rums – c’est-à-dire des chrétiens occidentaux – et celle des musulmans. Rumiyah est le nom arabe de Rome, dont l’EI a annoncé la conquête à venir.
(4) Elle a par ailleurs été théorisée rationnellement par l’opuscule d’Abu Bakr al-Naji, Idarat al-tawahhush : akhtar marhala sa tamurru biha al-umma. Voir, là-dessus, Nabil Mouline, Le Califat. Histoire politique de l’islam, Flammarion, Paris, 2016 et « Le djihadisme, à la recherche du califat perdu », in Nabil Mouline, Sabrina Mervin (dir.), Op. cité.
(5) Le monde serait divisé entre le dar al-harb, le territoire de la guerre et le dar al-islam, le territoire de l’islam.
(6) C’est le cas de l’Espagne, qui occupe une place de choix dans la propagande djihadiste, ou des territoires palestiniens passés sous contrôle israélien.
(7) Un des principaux slogans islamistes depuis la fondation des Frères musulmans (1928) est : al-islam, din wa al-dawla (l’islam est une religion et un État).
(8) Nous renverrons ici à l’article que nous avons publié il y a un an sur les difficultés de l’EI à s’implanter et à s’imposer face au modèle émiral djihadiste afghan. Enki Baptiste, « Wilāyat al-Khorasan : How ISIS Developed its Presence in Afghanistan », in Understanding Jihadism and Terrorism, janvier 2017, en ligne [https://understandingjihadismterrorism.wordpress.com/2017/01/17/wilayat-al-khorasan-how-isis-developed-its-presence-in-afghanistan/].
(9) On renverra ici à la conférence dirigée par Stéphane Lacroix aux derniers rendez-vous de l’histoire du monde arabe (Institut du monde arabe à Paris), Les frontières de l’islam politique. Nous en avons proposé un résumé [https://understandingjihadismterrorism.wordpress.com/2017/06/03/les-frontieres-de-lislam-politique-compte-rendu-de-la-conference-donnee-a-lima-pour-les-3emes-rdv-de-lhistoire-du-monde-arabe-20-mai-2017/]. La conférence est également disponible en ligne sur la plateforme YouTube.
(10) Cette émigration renvoie à la hijra du prophète de l’islam hors des murs de La Mecque.

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