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Les Kurdes, troisième partie. De la Première Guerre mondiale à 2003 : rêve(s) d’indépendance(s)
Article publié le 12/11/2011

Par Allan Kaval

Au début du XXe siècle, l’Empire ottoman, dont dépendent la majorité des Kurdes, est en déclin, confronté à des pertes territoriales, des mouvements nationaux minoritaires et à une dépendance aux puissances européennes. Les tentatives de réformes, touchant d’abord l’administration et l’armée ont bouleversé les hiérarchies et solidarités traditionnelles en même temps qu’elles ont donné naissance à nouvelle élite ottomane, essentiellement militaire, en rupture avec le palais : les Jeunes Turcs. Leur arrivée au pouvoir en 1908 n’enraye pas le déclin. La première tentative ottomaniste de création d’une identité commune et d’établissement de l’égalité juridique entre les membres des différentes communautés religieuses et nationales de l’Empire échoue.

Alors que l’Empire s’écroule, les Jeunes Turcs se replient sur un nationalisme qu’ils veulent exclusivement turc. Dans la logique mythologique du turan [1], la régénérescence de l’Empire passe par la conquête des terres turcophones d’Asie qu’il faut arracher à l’ennemi russe. Ces illusions contribuent à jeter les Ottomans dans la guerre au côté de l’Allemagne. Sans base sociale véritable, ce corpus nationaliste finit par se greffer sur le millet musulman, poursuivant un processus d’exclusion des minorités religieuses de l’Empire. Les chrétiens subissent les premières persécutions d’Etat, préfigurant le génocide des Arméniens auquel participent par ailleurs certaines milices kurdes.

C’est dans ce contexte qu’émerge le nationalisme kurde. Il correspond au refus formulé par certains membres de l’élite kurde stambouliotes d’adhérer au nationalisme turc en formation et se traduit dans l’effervescence politique de 1908 par la création de multiples journaux et associations kurdes. Parti de Constantinople, ce nationalisme s’étend vers les provinces orientales de l’Empire jusqu’au pays kurde. Ces contestations font les frais du raidissement idéologique et politique des Jeunes Turcs après 1909 : les associations sont fermées à Constantinople et la population des provinces soulevées par Cheikh Abdulsellam puis par Cheikh Mahmoud subit la répression armée et la déportation.

Les Kurdes face aux Etats

Suite au traité de Moudros, signé le 30 octobre 1918, les puissances occidentales occupent ce qu’il reste de l’Empire ottoman. Seule l’Anatolie centrale conserve un semblant de souveraineté. Le traité de Sèvres, conclu le 10 aout 1920, consacre le démantèlement de l’Empire. Il prévoit en particulier la création d’un Etat kurde autonome, devant accéder à terme à l’indépendance et installé sur une partie de la zone de peuplement kurde [2].
Le territoire autonome kurde ne voit cependant jamais le jour. Officier issu du vivier Jeune Turc, Mustapha Kemal pousse les puissances occupantes et leurs alliés à abandonner leurs vues sur une Anatolie qu’il reconquiert. Pour triompher, Kemal ne peut se permettre de s’aliéner le soutien des forces kurdes. Conformément aux évolutions de long terme de l’Empire ottoman, il joue la carte de l’Islam et promet l’instauration d’un Etat turco-kurde, après la conquête de la patrie.
Signé le 24 juin 1923 entre le pouvoir d’Ankara et les Occidentaux, le traité de Lausanne met fin à tout espoir d’un Kurdistan autonome. La nouvelle Turquie républicaine proclamée en 1923 se construit sur un modèle centralisateur et autoritaire fondé sur une idéologie nationaliste homogénéisatrice. L’autonomie des Kurdes n’est plus envisagée et leur existence commence à être niée.

En Turquie, les Kurdes à l’épreuve du kémalisme
Peuple des confins, atteint tardivement par la vague nationaliste venue d’Europe, les Kurdes sont traditionnellement divisés et rétifs à tout pouvoir trop centralisateur. C’est dans la nouvelle Turquie kémaliste où ils sont aussi les plus nombreux qu’ils ont le plus à souffrir de la dynamique de l’Etat nation. Cette dynamique prétend en effet assimiler à l’idée d’une nation turque des peuples musulmans d’Anatolie qui, malgré les massacres des Grecs et des Arméniens lors de la Première Guerre mondiale, restent très hétérogènes.

Les Kurdes, composante majeure de la mosaïque des peuples anatoliens, occupent un quart du territoire de la République turque [3]. L’objectif est de les assimiler. Le nom de Kurdistan, présent dans le traité de Sèvres et employé de manière usuelle durant l’ère ottomane, est interdit. A partir de 1925, 90% des noms des villes et des villages sont turquifiés [4]. Parler un dialecte kurde en public est interdit en 1932. Des populations kurdes sont déportées, comme déjà sous l’Empire ottoman, afin de dissoudre la spécificité kurde dans l’ensemble turc en construction. Ces transferts de population se poursuivent jusqu’à la fin du XXe siècle, à l’encontre de villages suspectés d’être proche des guérillas kurdes.

En Turquie, la négation du fait kurde ne peut être remise en cause que par des formations politiques opposées à l’héritage kémaliste et souvent plus enclines à l’application de politique libérales. Ces formations, souvent de coloration islamique, se sont toujours confrontées à la puissance de l’Etat profond turc [5] (Voir l’article Comprendre la laïcité turque), à son armée et à sa justice. La succession de coups d’Etat en Turquie dans la seconde moitié du XXe siècle se traduit à chaque fois par la remise en cause des avancées dans ce domaine (Voir l’article Remise en cause de la laïcité). Au cours des décennies suivantes, la connaissance du turc se généralise. La transmission naturelle de la langue et de la culture kurdes, relayée par les canaux nationalistes, a cependant permis la subsistance en Turquie d’une réalité kurde qui n’est aujourd’hui plus niée bien qu’elle soit au centre de la crise politique que rencontre actuellement le pays.

En Iran, en Irak et en Syrie, des nationalismes dans le sillage de Kemal
Comme dans l’Anatolie post-ottomane, la dynastie impériale perse est renversée par un militaire, Reza Shah Pahlavi qui, contrairement à son voisin se fait proclamer empereur le 17 septembre 1925. Il se lance dans une entreprise de modernisation du pays, qui quoique plus timide qu’en Turquie, a pour les Kurdes d’Iran des conséquences comparables.

Bien que les Etats d’Irak et de Syrie se constituent plus tardivement, les évolutions vis-à-vis des Kurdes connaissent des logiques comparables.

Au début des années 1920, le Royaume-Uni est détenteur d’un mandat sur l’Irak et le Kurdistan, ce dernier étant limité aux vilayets de Kirkuk et de Mossoul. Les richesses fossiles qui s’y trouvent en font des enjeux suffisants pour faciliter leur intégration à un ensemble irakien. A partir de 1958, après le coup d’Etat du général Kassem, les partis kurdes deviennent légaux et les leaders nationaux kurdes, notamment Mustapha Barzani, sont accueillis en alliés. Deux ans après cependant, ces acquis sont remis en cause et la logique assimilationniste prend le pas sur la logique pluraliste. Ce même schéma se reproduira à chaque coup d’Etat de la décennie suivante, y compris pour celui de Saddam Hussein en 1968.

Alors que la Syrie constituait sous le mandat français pour les Kurdes de Turquie et d’Irak un refuge propice au développement de leurs activités sociales et politiques, la condition des Kurdes se dégrade à la suite de l’indépendance. L’influence de l’arabisme culminant avec la création avec l’Egypte de la République arabe unie en 1961 se traduit par l’interdiction des publications en langue kurde et la déchéance des droits civiques des Kurdes établis au nord du pays, anciens réfugiés de Turquie. La situation s’aggrave encore à l’arrivée au pouvoir du parti Baas en 1963 qui établit formellement les conditions d’une arabisation systématique des régions kurdes.

Le conflit kurde et ses implications internationales

Grands perdants des recompositions territoriales qui ont suivi la Première Guerre mondiale, les Kurdes se sont trouvés séparés par des frontières, cadre de référence à des idéologies nationales en cours d’affirmation. En réaction, se développe un nationalisme kurde qui s’appuie à la fois sur les élites modernistes se réclamant de la nationalité kurde et sur les couches traditionnelles de la population inscrite dans une tradition ancienne d’opposition au centralisme. Si la référence à un Kurdistan uni est toujours présente, le nationalisme kurde est multiple et dépend des cultures politiques et des réalités propres aux Etats en construction auxquels il s’oppose. Sa diversité a par ailleurs pu conduire à des divisions fratricides faisant le jeu des puissances régionales et mondiales.

Dernières révoltes populaires dans la Turquie de Kémal
Dans les premières décennies du conflit kurde, c’est bien cette résistance traditionnelle qui domine malgré l’existence encore embryonnaire d’un nationalisme intellectualisé. Dans la Turquie de Kemal, une trentaine de révoltes kurdes ont lieu entre 1925 et 1938 mais trois grandes insurrections kurdes se distinguent. La première, celle du chef religieux Cheikh Saïd en 1925, s’inscrit dans la continuité de la contestation traditionnaliste kurde. A cette révolte, qui a marqué le nationalisme kurde, succède celle du mont Ararat en 1930 puis celle de Dersim en 1937-1938 qui est à l’origine d’un raidissement de la politique assimilationniste de l’Etat turc. A partir des années 1940, et jusqu’au début des années 1980, l’opposition kurde traditionnelle, affaiblie par les répressions kémalistes, est muselée.

En Irak et en Iran logiques impérialistes et nationalisme
Le vilayet de Mossoul devait, selon les termes des accords Sykes-Picot, revenir à la Syrie mandataire française, mais arguant de la non-viabilité d’un futur Etat irakien dépourvu de souveraineté sur ce territoire, la Grande-Bretagne obtient son rattachement à l’Irak dont elle est puissance mandataire. Ce nouveau partage est avalisé par la SDN en 1925.

C’est donc d’abord contre les Britanniques que les Kurdes (qui deviendront « d’Irak ») se révoltent au début des années 1920. Le sentiment national se développe ensuite, à partir des années 1930, comme en Turquie, à la faveur d’une révolte menée par un acteur traditionnellement révolté : le camp Barzani. Cette révolte se poursuit jusqu’au passage de Barzani en Iran, puis en 1946 en Union soviétique après la chute de la République de Mahabad dont il était le chef d’état-major.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Kurdes d’Iran sont les premiers à parvenir à la création d’un Etat indépendant : la République de Mahabad [6], une référence dans les mémoires kurdes. Le destin de cette république éphémère (elle vivra moins d’un an) est indissociable des intérêts de l’URSS dans un Iran dont elle occupe dans l’immédiat après guerre la partie nord. Après le retrait des Soviétiques, la République de Mahabad est reconquise par l’armée du chah d’Iran et ses dirigeants sont exécutés.

De la chute de la monarchie chérifienne à la guerre Iran-Irak
En Irak le cycle main tendue-raidissement se traduit par des révoltes à partir de 1961. Menés par Mollah Mustapha Barzani, les Kurdes tiennent en échec l’armée irakienne pendant 14 ans et s’installent dans une autonomie expliquée par l’histoire de l’Irak mandataire et qui éclaire la situation actuelle de cette région [7]. Les succès militaires de Barzani sont liés au soutien que lui accorde le chah d’Iran en matière d’armement, d’instruction militaire et de logistique ainsi qu’à la situation géopolitique : il suffit ainsi qu’Iraniens et Irakiens signent les accords d’Alger portant sur la souveraineté du Chatt-el-Arab en 1975, pour les Kurdes d’Irak ne bénéficient plus de ce soutien et qu’ils soient écrasés en quelques semaines. C’est encore ce même Chatt-el-Arab, enjeu de la guerre Iran-Irak, qui scelle le destin des Kurdes lors de la décennie suivante. Comme par le passé, les puissances rivales utilisent les communautés kurdes. Ainsi, les formations combattantes kurdes d’Irak se rapprochent-elles de l’Iran. Ceci conduit Saddam Hussein à lancer de violentes opérations militaires dans les régions kurdes, de février à septembre 1988. Le bilan de l’Anfal s’élève à un total de 50 000 à 100 000 morts, dont plus de 5 000 civils, lors du massacre d’Halabja les 17 et 18 mars 1988 [8].

L’émergence du PKK et la lutte armée en Turquie
Le Parti des travailleurs du Kurdistan ou PKK est fondé le 27 novembre 1978. Abdullah Öcalan en prend la direction dès le début et en devient la figure historique. D’obédience « marxiste-léniniste », le PKK pourrait être comparé à l’ensemble des partis nationalistes minoritaires d’extrême gauche, apparentés au mouvement tiers-mondiste des années 1970 et 1980. Reprenant un discours anticolonialiste, le PKK se fixe pour objectif la création d’un Kurdistan indépendant où il conviendrait d’imposer une révolution socialiste.

Cette orientation politique s’avère infructueuse dans la mesure où elle n’obtient pas le soutien soviétique. La guérilla kurde est lancée à partir de 1984 dans les zones kurdes de Turquie. Ses actions militaires sont accompagnées d’une stratégie de contrôle de la population kurde, par la menace, la propagande et l’élimination des rivaux potentiels. A partir des années 1990, le PKK attaque des cibles civiles et notamment touristiques. La répression dont il fait l’objet touche également les populations civiles : de nombreux villages sont détruits et leurs populations déportées dans les centres urbains. L’alliance du PKK avec la Syrie ne dément par ailleurs pas l’idée selon laquelle le conflit kurde est toujours un enjeu des rapports entre les puissances de la région (Voir l’article sur Les relations entre la Syrie et la Turquie).

De 1991 à 2003, guerres civiles et autonomie en Irak
Au déclenchement de la guerre du Golfe de 1991, les Kurdes et les Chiites sont incités à se soulever contre Saddam Hussein. Craignant une division de l’Irak qui serait favorable à l’Iran, les Etats-Unis concluent cependant un armistice avec Saddam Hussein. Cet accord visant aussi à sécuriser l’approvisionnement en pétrole laisse au régime baasiste toute latitude pour réprimer les Chiites puis les Kurdes. La population kurde, chez qui le souvenir de l’Anfal reste vif, prend alors le chemin de l’exil sous le regard des chaînes de télévision occidentales. Cela provoque l’émoi des opinions publiques et conduit la communauté internationale à réagir. C’est ainsi qu’est élaborée l’opération Provide Comfort. Les forces aériennes américaines, britanniques et françaises établissent un no-fly-zone au nord du 36ème parallèle, afin de protéger les Kurdes de la répression du régime irakien. Cette zone ne comprend cependant pas la région de Kirkuk où Saddam Hussein poursuit une politique d’arabisation du territoire.

Après 1991, les zones kurdes sous protection internationale sont soumises à un double blocus : celui qui touche l’Irak et celui que leur impose le sud de l’Irak. Proclamant leur autonomie au sortir de la guerre, les Kurdes d’Irak sont rattrapés par leurs divisions internes et les deux principaux partis kurdes d’Irak, le PDK de Barzani plus traditionnaliste et rural, et l’UPK de Talabani, progressiste et urbain, entrent en guerre en 1993. Leur affrontement dure jusqu’en 1997. L’arrêt des hostilités à la fin des années 1990 aboutit à une préservation du statu quo. Lors de la guerre du Golfe de 2003, les Etats-Unis obtiennent le soutien des Kurdes qui ouvrent un deuxième front au nord en dépit de l’hostilité de la Turquie. La victoire américaine ouvre aux Kurdes des perspectives d’autonomie qui ne sont pas sans périls ni tensions. Les Kurdes d’Irak sont en effet en butte à l’hostilité de la Turquie, craignant qu’un Kurdistan autonome ne renforce la contestation de ses propres Kurdes et n’offre au PKK une possibilité de repli. Ils se trouvent également confrontés aux autres composantes de l’Irak avec lesquels il faudra bientôt négocier le partage des richesses énergétique et le rattachement à la zone kurde de la ville pétrolière de Kirkuk.

Voir également :
- Les Kurdes. Première partie : de la conquête musulmane au début du XIXe siècle
- Les Kurdes. Deuxième partie : de la fin du XVIIIe siècle à 1914, le choc de la modernité

Bibliographie et notes
- Hamit Bozarslan, Histoire de la Turquie contemporaine, Paris, La Découverte, coll. « Repères Histoire », 2006.
- Hamit Bozarslan, Le Conflit kurde. Le Brasier oublié du Moyen-Orient, Paris, Autrement, 2009.
- Sabri Cigerli, Les Kurdes et leur Histoire, Paris, L’Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », 1999.
- Bernard Dorin, Les Kurdes, destin héroïque, destin tragique, Paris, Editions Lignes de Repères, 2005.
- David McDowall, A Modern History of the Kurds, Londres, I.B. Tauris, 2003.

[1Le touranisme, dans une logique comparable à celle du panslavisme ou du pangermanisme est un discours nationaliste expansionniste visant à réunir au sein d’un même ensemble les peuples supposés « turcs ».

[2Section III article 62 64.

[3Cf Bernard Dorin p. 69.

[4Cf. Sabri Cigerli p. 109.

[5« L’Etat profond » est une notion usuelle employée par les observateurs de la vie politique turque qui désigne un ensemble de pouvoirs liés à l’institution militaire et judiciaire et hérités de la période kémalistes. Partiellement occultes, ils défendent le legs idéologique kémaliste, dont la clé de voûte est la laiklik, la version turque de la laïcité.

[6Mahabad est la capitale du Kurdistan iranien.

[7C’est en Irak que les Kurdes jouissent aujourd’hui du statut le plus favorable, disposant d’un état indépendant de facto.

[8Cité par Bernard Dorin.

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