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Israël
Article publié le 01/02/2010


L’indépendance et la formation de l’Etat d’Israël
La montée vers la crise de Suez
Vers la guerre des six jours
De la guerre des six jours à la guerre du Kippour
La recherche de la paix
Première intervention israélienne contre la résistance palestinienne au Liban
Les relations avec la Syrie et avec l’OLP sur le sol libanais
Israël et la première intifada
La relance du processus de paix à l’issue de la guerre du Golfe de 1990
Relations entre Israël et le Hamas dans les territoires occupés
Évolution des relations avec les États arabes
La politique de Benyamin Nétanyahou
La reprise des négociations avec le gouvernement d’Ehoud Barak
La seconde intifada et l’arrivée au pouvoir d’Ariel Sharon
L’après 11 septembre 2001
Publication de la « feuille de route »
Violences entre Israël et le Hamas
Le gouvernement d’Ehoud Olmert
Difficultés politiques israéliennes et opérations contre le Hamas

L’indépendance et la formation de l’Etat d’Israël

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Proclamation de l’Etat d’Israël
AFP

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame la création de l’État d’Israël et signe la déclaration d’indépendance. Le 15 mai, les Britanniques mettent fin au mandat en Palestine. Le même jour, les États arabes (Égypte, Jordanie, Syrie, Irak, Liban) déclarent la guerre à Israël. Ce premier conflit israélo-arabe dure du 15 mai 1948 à janvier 1949, et provoque le départ de Palestiniens vers les États arabes voisins (de un million en 1947, ils sont 180 000 en Israël à l’issue de la première guerre).
Le 16 mai, au début du conflit, Haïm Weizmann est élu à la présidence par le Conseil provisoire. Ce Conseil, mené par David Ben Gourion, gouverne le pays jusqu’à la mise en place d’un gouvernement élu.
Initialement prévues le 1er octobre 1948, les élections législatives sont repoussées au 25 janvier 1949, en raison de la guerre. La gauche sioniste gagne les élections législatives et, le 16 février, l’Assemblée vote la Loi de Transition, qui doit rester en vigueur jusqu’à l’élaboration de la Constitution. Cette Loi inscrit le principe de la démocratie parlementaire laïque, le suffrage universel et la séparation des pouvoirs. Le 16 février également, Haïm Weizmann est confirmé à la présidence de la République. Celui-ci nomme David Ben Gourion Premier ministre, qui restera à la tête du gouvernement jusqu’en 1963, hormis l’intermède de Moshe Sharett de 1954 à 1955. Le 10 mars 1949, le premier gouvernement israélien prend ses fonctions. Mais alors que la nouvelle Assemblée a notamment pour tâche de rédiger la Constitution, David Ben Gourion décide d’ajourner sa rédaction, invoquant le contexte de la guerre et de la construction du nouvel État.

Outre l’aspect politique, la nation israélienne se construit avec l’arrivée de nouvelles populations qu’elle doit absorber. Dès la création de l’État d’Israël, 100 000 immigrants arrivent, suivis en 1949 de 240 000 nouvelles arrivées, puis de 170 000 en 1950 et de 175 000 en 1951. En 1956, la population s’élève à 1,6 million. Ces populations viennent d’Europe de l’est, du Maghreb et du Moyen-Orient. Cet afflux provoque une crise économique que les aides financières américaines et les réparations allemandes vont permettre de résoudre progressivement.
Sur le plan régional, les relations sont difficiles après-guerre avec l’Égypte, la Syrie et la Jordanie. L’Égypte refuse notamment à Israël l’accès au canal de Suez et pour faire contrepoids à la présence israélienne dans le Néguev, l’Égypte occupe en novembre 1949 les îles de Tiran et de Sanafir situées à l’entrée du golfe d’Akaba. Les difficultés territoriales et frontalières entre la Syrie et Israël - et plus particulièrement la problématique du partage de l’eau du Jourdain - provoquent des raids israéliens. Avec la Jordanie, les relations sont également tendues, en raison des infiltrations de Palestiniens en Israël, qui sont suivie, en représailles, d’opérations commando israéliennes en Jordanie. Hormis les difficultés territoriales, Israël est confronté début 1950 à un boycott économique organisé par les États arabes.

La montée vers la crise de Suez

Dans ce contexte de très grande tension, les relations continuent de se dégrader avec l’Égypte. Nasser prend le pouvoir en novembre 1954 et cherche à renforcer son arsenal militaire. Un contrat d’armement est notamment passé avec la Tchécoslovaquie en août 1955 pour un montant de 320 millions de dollars. En outre, l’Égypte et la Syrie signent un traité de défense mutuelle le 17 octobre 1955. Ce renforcement militaire, ainsi que le passage de combattants palestiniens de la bande de Gaza (sous administration égyptienne depuis la première guerre israélo-arabe) vers Israël préoccupent l’État hébreu qui envisage une action militaire contre l’Égypte. L’armée israélienne lance ainsi une attaque le 1er et le 2 novembre 1955 sur la bande d’al-Auja, tuant des soldats égyptiens.
D’autre part, afin de faire face à la militarisation égyptienne, Israël recherche également des aides extérieures. La France, en proie au nationalisme arabe en Algérie (FLN), soutenu par l’Égypte, livre des armes et des avions à Israël. Les Britanniques entrent également dans le camp des opposants à Égypte, en raison de la nationalisation du canal de Suez décidée par Nasser le 26 juillet 1956. En effet, dans le cadre de la mise en valeur économique du pays, Nasser souhaite construire un barrage sur le Nil, afin de réguler le fleuve. L’emplacement choisi est Assouan. Nasser sollicite pour sa construction l’aide financière et technique des États-Unis, mais ces derniers refusent en raison de l’orientation pro soviétique de Égypte. En représailles, Nasser décide de nationaliser la compagnie du canal de Suez, dont les revenus permettront de financer la construction du barrage d’Assouan.

Israël, la France et la Grande-Bretagne décident alors d’intervenir militairement contre Égypte, le premier afin de faire cesser les actions militaires égyptiennes à Gaza, de détruire l’armement égyptien et de prendre le contrôle de l’entrée du golfe d’Akaba, la France et la Grande-Bretagne afin de reprendre le canal de Suez. La crise de Suez débute le 29 octobre 1956 par l’attaque israélienne contre Égypte. Mais en dépit de la victoire terrestre des armées israélienne, française et britannique, les trois États sont contraints, sous la pression américaine et soviétique, d’évacuer Égypte : les armées française et britannique évacuent la région du canal de Suez en décembre 1956 et l’armée israélienne quitte Gaza et le Sinaï en mars 1957.

Vers la guerre des six jours

Sur le plan intérieur, à la suite de la crise de 1956, l’Etat d’Israël continue à se consolider, privilégiant comme bases fondatrices la sécurité du territoire et les droits historiques sur la Palestine. Cette politique, déjà suivie par Ben Gourion dès 1947, se poursuit à la suite de la crise de Suez. En ce sens, Israël reçoit toujours les aides militaires de la France, mais également celles de l’Allemagne de l’ouest (dans le contexte des réparations données aux victimes de la Shoah). Sur le plan politique, le Premier ministre David Ben Gourion est remplacé en 1963 par Levi Eshkol, qui restera en poste jusqu’en 1969, et dont la politique se caractérise par une plus grande souplesse. Les ventes d’armes à Israël sont un enjeu pour les puissances dans le contexte de la guerre froide. Ainsi, quand l’Allemagne de l’ouest interrompt ses ventes d’armes à Israël, laissant à la France seule le marché israélien, les États-Unis décident d’intensifier leurs livraisons, commencées à la fin 1962. Outre le renforcement des liens entre les États-Unis et Israël sur le plan de l’armement, les relations diplomatiques se resserrent sous la présidence de Johnson (1963-1969) : visite du Premier ministre Levi Eshkol en mai 1964 à Washington, au cours de laquelle le président réaffirme la volonté américaine de défendre l’intégrité territoriale du Moyen-Orient (sa déclaration est comprise comme la défense territoriale d’Israël). Dans le cadre de la guerre froide et de la course aux armements, Johnson annonce également en 1965 aider Israël à s’armer.

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Levi Eshkol
AFP

Fin 1966, les tensions, qui n’ont jamais totalement cessé entre Israël et ses voisins, et qui s’expriment sous la forme d’incidents frontaliers, reprennent notamment entre la Syrie et Israël. A la suite de plusieurs opérations menées tant par les Palestiniens, sans doute soutenus par la Syrie, que par Israël, la Syrie bombarde des implantations israéliennes. Israël réplique le 7 avril 1967 par une bataille aérienne au cours de laquelle des avions syriens sont abattus. Début mai, Israël annonce son intention de poursuivre les actes de représailles contre la Syrie afin de faire cesser les opérations menées par les Palestiniens soutenus par la Syrie. Dans ce contexte de vive tension, l’URSS annonce savoir que des troupes israéliennes sont massées le long de la frontière avec la Syrie, du côté israélien. Même si cette nouvelle est démentie par les responsables israéliens, l’Égypte décide de mobiliser en soutien à la Syrie : le 15 mai, l’armée égyptienne se concentre dans le Sinaï. Le lendemain, Nasser demande le retrait des forces de l’ONU positionnées depuis la crise de Suez à la frontière entre Égypte et Israël. Le 18 mai, Israël mobilise. Le 22 mai, l’Egypte décide d’interdire l’accès du golfe d’Akaba (où elle est présente depuis 1949 sur l’île de Tiran) à la marine israélienne. Le 25 mai, le ministre israélien des Affaires étrangères Abba Eban entreprend une tournée diplomatique en Europe. Il rencontre notamment le général de Gaulle à Paris, qui lui recommande de ne pas attaquer les Etats arabes et qui décide de mettre en place un embargo sur les armes françaises à destination du Moyen-Orient. La tension monte en Israël, et l’opinion politique est partagée entre les partisans de la guerre autour de Ben Gourion et ceux favorables à l’option diplomatique autour du gouvernement en place de Levi Eshkol. Le 1er juin, l’entrée au gouvernement de deux nouveaux ministres, Moshe Dayan au ministère de la Défense et Menahem Begin comme ministre sans portefeuille, conduit à retenir l’option de la guerre. De son côté, Nasser forme des alliances militaires avec la Jordanie (1er juin) et avec l’Irak (4 juin). Le 5 juin, Israël déclenche les hostilités militaires. La guerre des six Jours commence. A l’issue de la guerre, Israël annexe le Sinaï égyptien et la bande de Gaza sous administration égyptienne ; la Cisjordanie et Jérusalem-Est sous contrôle jordanien depuis 1950 ; le Golan syrien.

De la guerre des six jours à la guerre du Kippour

A la suite de la guerre d’octobre 1967, l’Etat hébreu occupe et administre Gaza et la Cisjordanie. Sur le plan diplomatique, le conflit a de nombreuses répercussions pour Israël. Avec l’Égypte, des incidents frontaliers éclatent dès l’été 1968 dans la région du canal de Suez. Avec les États-Unis, l’élection de Nixon en janvier 1969 met en évidence la volonté américaine de trouver une solution au conflit israélo-arabe. Le secrétaire d’Etat William Rogers propose le 9 décembre 1969 le « plan Rogers » : cessez-le-feu et poursuite des négociations séparées entre les parties. Mais ce plan n’est pas accepté. Dans le même temps, les violences se poursuivent entre Israël et Égypte. En mars 1969, Nasser bombarde les positions israéliennes sur le canal, dans le but de reprendre le Sinaï, entrainant en retour les bombardements israéliens. En janvier 1970, les raids israéliens touchent les faubourgs du Caire. Cette montée en puissance des tensions provoque l’intervention de la diplomatie américaine et les nouvelles propositions de William Rogers, en juin 1970 : application de la résolution 242 (votée le 22 novembre 1967 et prévoit « le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit », la cessation de l’Etat de guerre, la reconnaissance de tous les États du Moyen-Orient, la libre circulation sur le canal de Suez, la création de zones démilitarisées) ainsi que le cessez-le-feu entre Israël et l’Égypte. Israël, l’Égypte et la Jordanie acceptent finalement à l’été les propositions Rogers, après un refus initial. Cette acceptation provoque en Israël le départ de la droite du gouvernement. Dans le même temps, les Etats-Unis poursuivent leurs ventes d’armes à Israël.

Sur le plan intérieur, Levi Eshkol meurt en 1969. Il est remplacé à la tête du gouvernement par Golda Meir, membre du parti travailliste, qui restera Premier ministre jusqu’en 1974. En Égypte, à la suite de la mort de Nasser le 28 septembre 1970, Anouar el-Sadate lui succède le 15 octobre (il accède au pouvoir avec 90% des voix). Il prend de nouvelles orientations diplomatiques tant avec Israël à qui il propose des concessions, appuyées par les États-Unis mais qui sont refusées par l’Etat hébreu, qu’avec l’URSS avec laquelle il prend progressivement ses distances. En juillet 1972, 20 000 conseillers militaires et techniques soviétiques en charge de l’instruction des armes soviétiques quittent l’Egypte. Sadate tente également de se rapprocher des Etats-Unis. Mais en dépit des ouvertures et concessions diplomatiques proposées par Sadate, la situation reste bloquée. L’Égypte, suivie par la Syrie, se prépare à la guerre. Le 6 octobre 1973, la guerre du Kippour est déclenchée.

La recherche de la paix

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Henry Kissinger et Golda Meir en février 1974
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Cette guerre, gagnée sur le plan militaire par Israël, laisse un goût amer à la population. Le parti travailliste reste au pouvoir à la suite des élections législatives du 31 octobre 1973, malgré les critiques qui lui sont adressées à l’issue de la guerre du Kippour. En avril 1974, le Premier ministre Golda Meir démissionne, et le travailliste Itzhak Rabin lui succède à la tête du gouvernement jusqu’en 1977. Pendant son mandat, les négociations se poursuivent avec l’Égypte sur la question du Sinaï, sous la houlette du secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger. Mais en 1975, Kissinger reconnaît l’échec de sa politique, l’Égypte et Israël ne parvenant pas à trouver un terrain d’entente. Aux États-Unis, Ford accède à la présidence le 9 août 1974, à la suite de l’affaire du Watergate et de la démission du président Richard Nixon. Ford reprend le dossier du Moyen-Orient et instaure une nouvelle politique, qui se traduit notamment par une réduction de l’aide militaire à Israël. Le 5 juin 1975, le président égyptien Sadate décide de rouvrir le canal de Suez, évitant ainsi un éventuel nouveau conflit avec Israël. La diplomatie américaine propose également à Israël son aide militaire s’il accepte la reprise des négociations avec l’Égypte sur la question du Sinaï. Un accord, appelé Sinaï II, signé le 4 septembre 1975 entre l’Égypte et Israël, décide du retrait israélien sur une petite partie du Sinaï (zone du canal et puits de pétrole du golfe de Suez). En janvier 1976, un nouveau président est élu aux États-Unis, Jimmy Carter. Comme convenu, la nouvelle administration apporte son aide à Israël, tant sur le plan militaire que sur celui de la politique extérieure (aide à la sécurité d’Israël). En parallèle, l’Égypte accepte l’aide militaire américaine en mars 1976. Mais Sadate souhaite aller plus loin dans le processus de paix avec Israël. Dans le même temps, dans les territoires occupés, des colonies juives illégales commencent à s’installer, répondant à la volonté religieuse de certains de créer un grand Israël.

En Israël, aux élections législatives de mai 1977, les travaillistes, au pouvoir depuis la création de l’Etat d’Israël, sont remplacés par la droite (Likoud). Menahem Begin est Premier ministre de 1977 à 1983. Sous son gouvernement, les relations avec les Palestiniens et avec Égypte évoluent. Avec les Palestiniens, la colonisation juive dans les territoires occupés se poursuit et tend les relations, d’autant plus que l’intention du Likoud est de créer un grand Israël. Avec l’Égypte, des entretiens secrets sont entamés en août et en septembre 1977 entre responsables égyptiens et israéliens, tandis que se prépare une nouvelle conférence à Genève, dans la continuité des négociations entamées dans cette ville en décembre 1973, à laquelle l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) entend être présente. L’Égypte, la Syrie et la Jordanie acceptent d’y participer, tandis que le Premier ministre Begin en accepte la tenue mais sans la participation de l’OLP. L’ordre du jour de la conférence, décidé par les Etats-Unis et par l’Union soviétique, est le retrait de l’armée israélienne des territoires occupés depuis 1967 ainsi que la question des droits des Palestiniens. Mais l’Égypte craint que la conférence de Genève ne compromette des négociations en vue d’une paix rapide avec Israël. Sadate décide par conséquent de se rendre en Israël et, le 19 novembre 1977, il arrive à Jérusalem. Sa venue suscite un grand enthousiasme dans la population israélienne. Dans son discours prononcé à la Knesset (Parlement israélien), Sadate annonce qu’il reconnaît Israël et demande en échange qu’Israël quitte les territoires occupés depuis 1967 et qu’il reconnaisse les droits des Palestiniens. Mais Begin, s’il est prêt à la paix avec Égypte, ne reconnait pas les droits des Palestiniens. Cette reconnaissance de l’Etat d’Israël par Sadate place Égypte au ban des États arabes : l’Algérie, la Libye, la Syrie, l’Irak, le Yémen et l’OLP rompent leurs relations diplomatiques avec elle. En revanche, le Soudan, le Maroc et la Tunisie soutiennent l’Egypte. C’est alors que les États-Unis reviennent sur la scène des négociations et que le président Carter invite les Israéliens et les Égyptiens à une conférence à Camp David, résidence d’été des présidents américains. Celle-ci se tient du 5 au 17 septembre 1978. Le 17 septembre, après des négociations difficiles, deux traités sont signés, l’un portant sur la paix entre l’Égypte et Israël et l’autre portant sur la paix au Proche-Orient.

Première intervention israélienne contre la résistance palestinienne au Liban

Israël agit également en direction du Liban, où la guerre civile s’est déclenchée le 13 avril 1975. La résistance palestinienne est installée à Beyrouth et dans le sud Liban depuis la première guerre israélo-arabe de 1948-1949 et depuis les événements 15 septembre 1970 en Jordanie (septembre noir). Des opérations palestiniennes sont perpétrées contre Israël depuis le Liban. Ainsi, à la suite d’une attaque palestinienne en mars 1978, l’armée israélienne envahit le Sud Liban jusqu’au fleuve Litani. Cette opération, qui provoque la fuite de 200 000 Libanais vers Saïda et Beyrouth, est condamnée par le conseil de sécurité de l’ONU qui crée la FINUL (force intérimaire des Nations unies au Liban) afin de rétablir la sécurité et l’autorité du gouvernement libanais dans le Sud Liban. L’armée israélienne se voit dans l’obligation d’évacuer mais elle met en place une « ceinture de sécurité », c’est-à-dire une bande d’environ 10 km de profondeur, s’étendant de la côte à la ville de Merjayoun, et laissée à la milice du colonel libanais Saad Haddad. Cette milice, aidée par l’armée israélienne, interdit à l’armée régulière libanaise de reprendre position dans le Sud Liban. Les combats sont nombreux entre la milice de Haddad et les forces libanaises et palestiniennes, tandis que les bombardements de l’aviation israélienne se poursuivent dans le Sud Liban.

Les relations avec la Syrie et avec l’OLP sur le sol libanais

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Chars israéliens dans le Sud Liban
AFP

En juin 1981, Menahem Begin est réélu. Il reste au pouvoir jusqu’en 1983, date à laquelle il démissionne. Pendant ce deuxième mandat, deux décisions majeures sont prises : la première concerne la Syrie et la seconde a trait au Liban et à la lutte contre l’OLP. Alors qu’en août 1981, le roi saoudien Fahd dévoile son plan de paix pour le Moyen-Orient, Israël décide le 14 décembre 1981 d’annexer le Golan conquis lors de la guerre de 1967. Begin explique cette annexion par le refus syrien de négocier avec Israël. Cette annexion est suivie en 1982 par l’action militaire d’Israël au Liban, toujours en pleine guerre civile. Israël envisage en effet de mettre un terme à la résistance palestinienne et à l’OLP installées à Beyrouth et dans le Sud Liban afin de protéger son territoire des attaques palestiniennes lancées depuis le Liban. Cette option est préconisée par Begin, par son ministre des Affaires étrangères Itzhak Shamir et par celui de la Défense Ariel Sharon. L’opération israélienne paix en Galilée débute le 6 juin 1982. Officiellement, elle est déclenchée en représailles à l’assassinat de l’ambassadeur israélien à Londres le 3 juin, perpétré par le groupe Abou Nidal. L’opération Paix en Galilée est très vivement critiquée par l’opinion publique israélienne. Pour elle, Israël doit mener des attaques défensives, afin de protéger sa sécurité, comme cela a été le cas pour les guerres précédentes, alors que celle perpétrée au Liban est offensive. Les massacres des camps de réfugiés palestiniens au Liban, Sabra et Chatila, perpétrés par les phalanges libanaises sous le regard des troupes israéliennes entrées à Beyrouth le 15 septembre (afin d’assurer la sécurité de la ville à la suite de l’assassinat du nouveau président libanais Bachir Gemayel), renforcent le sentiment d’horreur, aussi bien en Israël que dans la communauté internationale. Des manifestations se déroulent à Tel Aviv, auxquelles participent 400 000 Israéliens. D’autres manifestations de la population civile et des réservistes de l’armée sont également organisées. Suite à ces manifestations, le gouvernement israélien agit dans deux directions. Sur le plan diplomatique, il veut trouver un accord avec le Liban, afin de garantir sa sécurité sur la frontière nord. Sur le plan juridique, il lance une commission d’enquête, la commission Kahane, afin de déterminer les causes des massacres des camps de Sabra et Chatila. Après de longues négociations, un accord est signé le 17 mai 1983 entre le Liban et Israël. Mais celui-ci est abrogé le 5 mars 1984 par le président libanais Amine Gemayel, sous la pression de la Syrie.

Sur le plan intérieur, de nouvelles élections placent Itzhak Shamir à la tête du gouvernement de septembre 1983 à septembre 1984. De 1984 à 1986, Shimon Pérès est Premier ministre, puis à nouveau Itzhak Shamir de 1986 à 1992. Sous le gouvernement de Shimon Pérès, le retrait de l’armée israélienne du Sud Liban est décidé, pour des raisons de politique intérieure mais aussi afin d’arrêter la guérilla chiite menée par le Hezbollah et par Amal qui se développe contre sa présence. En effet, la population israélienne souhaite sortir de la guerre au Liban, qui provoque des pertes humaines et génère un coût financier important. Le retrait israélien commence en janvier 1985 et se termine en juin. Une zone de sécurité de 20 km de profondeur est constituée en territoire libanais, et confiée à l’armée israélienne ainsi qu’à la milice dirigée par le général libanais Antoine Lahad (devenu le chef de la milice à la suite de la mort de Saad Haddad). Profitant du départ de l’armée israélienne, l’OLP se réinstalle dans les camps palestiniens du Sud Liban.

Israël et la première intifada

Les relations se dégradent entre Israël et les Palestiniens, en raison notamment de la politique israélienne de colonisation des territoires occupés. Le 7 décembre 1987, une révolte appelée intifada, dans laquelle les Israéliens sont la cible de jets de pierre des jeunes Palestiniens, débute dans les territoires occupés. Cette révolte, dirigée par l’OLP (seul représentant des Palestiniens dont le but est de parvenir à la création d’un Etat palestinien) exprime le refus de la population de vivre sous l’administration israélienne. Les autorités israéliennes répriment la révolte par la force dans un premier temps. Mais cette répression n’arrête pas l’intifada, qui s’étend. Sur la scène internationale, l’opinion s’émeut de la situation dans les territoires occupés. Une résolution (résolution 605) est votée le 22 décembre par le conseil de sécurité de l’ONU, qui déplore la politique israélienne à Gaza et en Cisjordanie. La diplomatie américaine se positionne également en médiatrice, afin de faire avancer le dossier israélo-palestinien. Une initiative est lancée sous la présidence de Reagan en février et en mars 1988, avec la tournée au Moyen-Orient du secrétaire d’Etat Schultz. Mais le plan qu’il propose (organisation de négociations entre Israël et les Palestiniens concernant les territoires occupés) est refusé par le Premier ministre israélien Shamir. Dans le même temps, l’OLP, qui s’est positionnée comme un acteur majeur avec l’intifada, proclame le 15 novembre 1988 la création de l’Etat palestinien et accepte le plan de partage présenté par l’ONU en novembre 1947. Le nouvel Etat est reconnu par la Ligue des États arabes. Le 7 décembre 1988, Arafat, à la tête de l’OLP, annonce être « prêt à négocier avec Israël (…) sur la base des résolutions 242 et 338 des Nations unies » et « s’engage à vivre en paix avec Israël et ses autres voisins et de respecter leur droit à vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues internationalement (…) ». Mais les propositions palestiniennes ne sont pas acceptées par le gouvernement israélien (Shamir est réélu le 22 décembre 1988). En mai 1989, Shamir soumet au vote de la Knesset des propositions concernant la tenue d’élection dans les territoires occupés mais auxquelles les représentants de l’OLP ne pourraient pas se présenter. Ces propositions ne sont acceptées que partiellement par la nouvelle administration Bush arrivée au pouvoir en janvier 1989, et par Arafat. Le nouveau secrétaire d’Etat James Baker propose alors un plan en octobre 1989, mais les propositions américaines se soldent par un échec.

La relance du processus de paix à l’issue de la guerre du Golfe de 1990

En 1990, sur le plan intérieur, la question de la préparation des élections dans les territoires occupés provoque des dissensions au sein du gouvernement d’union nationale de Shamir (formé depuis 1984 par l’alliance entre le Likoud et les travaillistes), qui démissionne le 15 mars 1990. Chargé par le président Haïm Herzog de former un nouveau gouvernement, Shimon Pérès échoue. A la suite d’accords entre les partis politiques, un nouveau gouvernement est formé le 11 juin 1990 avec Shamir à sa tête. C’est alors que le 2 août 1990, l’Irak de Saddam Hussein envahit le Koweït. Dans ce contexte, la guerre du Golfe est lancée par les Etats-Unis et par la coalition internationale le 17 janvier 1991. Israël se trouve être la cible de missiles irakiens Scud, qui touchent les villes de Tel Aviv et de Haïfa. Cette guerre est l’occasion pour certains de faire un parallèle entre la situation du Koweït et celle des territoires occupés par Israël et relance la volonté internationale de trouver une solution au conflit israélo-palestinien. Les négociations reprennent à l’initiative du président Bush. Dès mars 1991, James Baker reprend sa tournée diplomatique au Moyen-Orient. Toutes les parties sont représentées dans les nouvelles négociations : des Palestiniens des territoires occupés, Israël et la Syrie. La conférence qui s’ouvre à Madrid le 30 octobre 1991 s’articule autour de deux grandes revendications : celle des Palestiniens qui demandent un transfert de souveraineté et celles des Israéliens qui demandent la poursuite de la colonisation et la fin des actes de violence à son encontre. Israël réaffirme également sa souveraineté sur le territoire israélien. A la suite de la conférence de Madrid, où aucune décision n’est prise, les discussions se poursuivent à Washington le 9 décembre, mais là encore, aucune avancée n’est constatée. Dans un contexte de violence dans les territoires occupés, les élections législatives du 23 juin 1992 permettent aux travaillistes de revenir à la tête du pouvoir par 44 sièges (contre 32 pour le Likoud). Itzhak Rabin est chargé par le président Haïm Herzog de former un gouvernement. Le nouveau gouvernement travailliste accepte en août d’arrêter l’installation de nouvelles colonies à Gaza et en Cisjordanie, mais décide que celles déjà implantées pourront rester en place. Rabin semble vouloir relancer les négociations de paix et les rencontres reprennent à Washington à l’initiative américaine. En août, les discussions portent également sur la question du retrait israélien du Golan Syrien, acquis lors de la guerre de 1967 et annexé le 14 décembre 1981.

En parallèle, les négociations avec l’OLP, déjà entreprises sous le gouvernement Shamir, s’intensifient avec Rabin. En septembre 1992, des responsables israéliens et de l’OLP se rencontrent à Oslo, capitale de la Norvège, où les négociations de paix se poursuivent. C’est ainsi que le 9 septembre 1993, deux lettres sont signées par Yasser Arafat et adressées, l’une au Premier ministre israélien Rabin et l’autre au ministre norvégien des Affaires étrangères Johan Jorgen Holst. Dans la première, Arafat reconnaît le droit pour Israël de vivre dans la paix et la sécurité, il accepte les résolutions 242 et 338 et souhaite avancer dans les négociations de paix. Rabin répond à la lettre d’Arafat le 10 septembre et reconnaît l’OLP comme le « représentant du peuple des palestinien », et dit accepter de traiter avec elle pour les négociations de paix. Dans la seconde missive, Arafat annonce vouloir mettre fin à l’intifada. A la suite de cet échange de lettre, une déclaration appelée Déclaration de principes sur des arrangements intérimaires d’autonomie est signée entre Arafat et Rabin le 13 septembre à Washington. Le texte de la déclaration prévoit la mise en place d’une autonomie transitoire à Gaza et sur une partie de la Cisjordanie (dans une zone à définir dans la région de Jéricho) pour une période de cinq ans, puis de parvenir à une autonomie complète de la Cisjordanie. L’armée israélienne doit quitter Gaza et la région de Jéricho avant le 13 juillet 1994, même si elle continue à assurer la sécurité des frontières et celle des colonies juives. L’autonomie transitoire signifie également le transfert des pouvoirs aux Palestiniens, avec la création de l’Autorité palestinienne, en charge de la gestion civile des populations dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie. Des ministères sont crées, des forces de police, des administrations. L’Autorité n’a cependant pas de pouvoir en politique étrangère (rôle de l’OLP).

Relations entre Israël et le Hamas dans les territoires occupés

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Le roi Hussein, Yitzhak Rabin, Bill Clinton, Yasser Arafat, Hosni Mubarak le 28 September 1995 à la Maison blanche
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En Israël et dans les territoires occupés, cette déclaration est diversement accueillie. Les colons juifs et le Likoud la refusent ainsi que le Hamas qui poursuit les opérations contre les colons dans les territoires occupés. Cela provoque la répression israélienne et notamment l’intervention de l’armée contre le Hamas en octobre 1993. Mais la violence continue entre le Hamas et les colons juifs. Le 25 février 1994, un colon israélien de la ville d’Hébron tue 52 Palestiniens. Dès lors, la violence s’installe dans les territoires occupés, entre colons et Hamas. Dans le même temps, les négociations entamées depuis les accords d’Oslo de 1993 se poursuivent, afin de tenir l’échéance des cinq ans, à l’issue de laquelle les territoires doivent parvenir à l’autonomie complète. Le 13 mai 1994, à la suite de la signature d’un accord intérimaire entre Rabin et Arafat, et selon la date retenue à Oslo, l’armée israélienne se redéploie de Gaza et de la région de Jéricho. Le 25 mai, l’armée s’est retirée des deux territoires, mais elle reste présente dans les colonies juives. L’administration de l’OLP quitte Tunis (siège de l’OLP depuis l’opération paix en Galilée en 1982) et s’installe à Gaza. Mais Arafat se heurte aux actions du Hamas, en lutte contre la présence des colons juifs. Les attentats reprennent à Gaza à l’été ainsi qu’en Cisjordanie et en Israël. Dans ce contexte, des négociations sont à nouveau entamées début 1995 et aboutissent à la signature des accords d’Oslo II le 28 septembre 1995 entre Rabin et Arafat. L’autonomie est étendue à l’ensemble de la Cisjordanie, et l’armée israélienne doit quitter dans les six mois les agglomérations de Cisjordanie à l’exception d’Hébron où sont présents de nombreux colons. Quant au retrait dans les villages, il est prévu qu’il se poursuive jusqu’en mai 1997.

Les négociations et le processus de paix signé par Itzhak Rabin ne sont pas acceptés par une partie de la droite israélienne, qui souhaite toujours la création du grand Israël et ne peut donc accepter le départ israélien de Gaza et de Cisjordanie. Le 4 novembre 1995, Rabin est assassiné par extrémiste israélien, opposé à l’avancée de la paix avec les Palestiniens. Le 22 novembre, Shimon Pérès est nommé Premier ministre. Il décide de poursuivre la même voie que son prédécesseur et le retrait de Cisjordanie se poursuit. Mais en 1996, les attentats perpétrés par le Hamas reprennent (le 25 février, des attentats font 27 morts à Jérusalem et à Ashkelon), à la suite de l’assassinat de l’artificier du Hamas Yahia Ayache le 5 janvier par Israël.

Évolution des relations avec les États arabes

Sur le plan régional, Israël intervient de façon diplomatique et militaire. Avec la Jordanie, une déclaration de paix est signée entre Rabin et le roi Hussein le 25 juillet 1994. Elle est complétée par un traité de paix le 27 octobre. Avec la Syrie, des négociations s’ouvrent aux États-Unis, à Wye Plantation, en décembre 1995, au sujet du retrait israélien du Golan. Elles sont nombreuses et laborieuses, le président syrien Assad voulant un retrait total et Israël un retrait partiel. Aucune solution n’est trouvée. Avec le Liban, Israël relance les opérations militaires dès la fin 1995, en raison des actions menées dans le début des années 1990 par le Hezbollah contre l’armée israélienne dans la zone de sécurité du Sud Liban. L’aviation israélienne bombarde les positions du Hezbollah dans le Sud Liban dès le 11 avril 1996, au cours de l’opération appelée Raisins de la colère, tandis que le Hezbollah réplique en bombardant la Galilée. Le 26 avril, un cessez-le-feu est signé entre Israël et le Hezbollah, grâce à une médiation américaine et française.

La politique de Benyamin Nétanyahou

En Israël, les élections législatives du 29 mai 1996 portent au pouvoir le chef du Likoud, Benyamin Nétanyahou. Celui-ci ne poursuit pas la politique de Rabin. Il refuse notamment l’idée d’un Etat palestinien et ne veut pas restituer le Golan à la Syrie. Il décide également de reprendre la colonisation dans les territoires occupés. Les violences recommencent en septembre 1996 à Jérusalem-Est, et provoquent la reprise des négociations de paix, à l’initiative des Etats-Unis. L’administration de Bill Clinton organise une réunion à Washington les 1er et 2 octobre, avec Yasser Arafat, Benyamin Nétanyahou et le roi Hussein de Jordanie. Au cours de cette réunion, les négociations avancent sur la question du retrait de l’armée israélienne à Hébron. Un traité est signé entre Arafat et Nétanyahou le 15 janvier 1997 sur la question du retrait d’Hébron et des zones rurales de Cisjordanie, prévu entre mars 1997 et août 1998. Le 17 janvier 1997, les troupes israéliennes commencent à quitter Hébron. Néanmoins, l’implantation des colonies juives se poursuit près de Jérusalem-Est sur la colline de Har Homa, provoquant l’arrêt des négociations de paix par Arafat. Les attentats revendiqués par le Hamas se poursuivent pendant toute l’année 1997. Afin de relancer le processus de paix, le président Clinton organise une rencontre à Wye Plantation le 15 octobre 1998 entre Arafat et Nétanyahou. Après plusieurs jours de négociation, un accord est signé le 23 octobre, décidant du retrait de l’armée israélienne de 13% de la Cisjordanie, de l’ouverture d’un aéroport à Gaza (qui sera effective le 24 novembre) et du renforcement de la sécurité. Le statut définitif de Jérusalem doit également être évoqué dans des négociations à venir. Ce texte suscite le mécontentement de la droite israélienne qui accuse Nétanyahou d’avoir trahi la cause israélienne. Du côté palestinien également, le Hamas et les intégristes le refusent. En Israël, l’accord est ratifié par la Knesset le 17 novembre et le retrait israélien commence le 20 novembre.

La reprise des négociations avec le gouvernement d’Ehoud Barak

En Israël, la Knesset est dissoute le 21 décembre, et des élections anticipées sont prévues pour le 17 mai 1999. Elles sont remportées par le travailliste et ancien chef d’Etat-major Ehoud Barak. Le nouveau gouvernement, formé d’une coalition de partis (travaillistes, gauche, partis religieux et parti russophone), décide de reprendre les négociations de paix avec la Syrie, d’appliquer les accords signés avec la Palestine et de quitter militairement le Liban. Cette décision intervient alors que des violences reprennent dans le Sud Liban (attentat le 28 février contre un général israélien dans la zone de sécurité revendiqué par le Hezbollah ; en juin tirs de roquettes par le Hezbollah sur le nord d’Israël, qui riposte par une attaque aérienne). Comme décidé par le nouveau gouvernement d’Ehoud Barak, les négociations reprennent avec l’Autorité palestinienne le 3 septembre, sur la base de l’application des accords de Wye Plantation de 1998, qui sont complétés par la décision du retrait israélien de 42% de la Cisjordanie, sauf de Jérusalem-Est, ainsi que la libération de prisonniers palestiniens par Israël. Le texte est signé en Egypte à Charm el-Cheikh le 4 septembre. De même, les négociations reprennent avec la Syrie les 15 et 16 décembre à Washington.

En 2000, la vie politique d’Israël est entachée par des scandales politiques, mettant notamment en cause le président israélien Weizmann. Celui-ci démissionne le 10 juillet. Sur le plan régional, les négociations avec la Syrie, qui reprennent en janvier 2000, restent au point mort, en raison de l’opposition de l’opinion publique israélienne à un retrait du Golan et des décisions syriennes de traiter dans le même temps d’autres questions (eau, sécurité et reprise d’une normalisation des relations entre les deux Etats). Avec le Liban, le cycle des attaques-représailles se poursuit en février 2000, et le 5 mars, le gouvernement israélien décide du retrait total de l’armée stationnée depuis janvier 1985 dans la zone de sécurité. Le retrait s’achève fin mai, et le Hezbollah s’installe dans tout le Sud Liban. Quant aux Palestiniens, ils annoncent le 3 juillet vouloir créer un Etat palestinien indépendant pour le 13 septembre. Les négociations reprennent avec Israël, à nouveau à l’initiative des Etats-Unis. Une conférence, organisée à Camp David par Bill Clinton, débute le 11 juillet. Le contexte est très tendu, car dans le même temps, plusieurs ministres israéliens, hostiles à une conférence de paix à Camp David, ont donné leur démission, fragilisant ainsi la position d’Ehoud Barak qui n’a plus de majorité au Parlement. Au cours des négociations, les Palestiniens demandent le retour aux frontières de 1967, mais les Israéliens refusent de quitter la Cisjordanie dans sa totalité, acceptant d’en rendre 78%. Les négociations butent également sur la question de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, où les Israéliens peuvent se rendre mais n’ont pas le droit de prier, depuis 1967. Leur demande d’y prier est refusée par Arafat, qui craint le désaccord des musulmans. Les Israéliens acceptent que l’autorité palestinienne puisse gérer les quartiers arabes situés à Jérusalem-Est. En revanche, ils refusent de partager la souveraineté sur la ville comme le demandaient les Palestiniens. La conférence se termine le 25 juillet.

La seconde intifada et l’arrivée au pouvoir d’Ariel Sharon

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Ariel Sharon, le 7 février 2001
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Le 31 juillet, la Knesset élit le député du Likoud Moshe Katsav, à la présidence de la République. C’est le premier président de droite à être élu. En septembre, la tension se renforce avec la visite, le 28 septembre, du chef du Likoud Ariel Sharon sur l’esplanade des Mosquées. Des affrontements consécutifs à cette visite éclatent entre Palestiniens et Israéliens et provoquent la seconde Intifada. Devant les difficultés, le Premier ministre Ehoud Barak annonce sa démission le 9 décembre. Les violences se poursuivent en 2001 dans les territoires occupés. Différentes médiations sont proposées, tant par les Français et les Américains le 4 octobre, que par les Américains et les Egyptiens le 16 octobre. Elles ne sont pas suivies d’effet. Les attentats suicides se poursuivent dans les territoires contre les colons israéliens, et l’armée israélienne riposte par des attentats ciblés contre les responsables de la sécurité palestiniens. Sur e plan intérieur, les élections portent au pouvoir le 6 février 2001 Ariel Sharon avec 62,5% des voix (Ehoud Barak en obtient 37,5%) et celui-ci compose un gouvernement d’union nationale (Likoud, parti travailliste, partis religieux ultra-orthodoxes). Les violences se poursuivent entre l’armée israélienne et les Palestiniens, et font de nombreuses victimes des deux côtés. En mai 2001, la commission Mitchell, dirigée par l’ancien sénateur américain George Mitchell, chargée de déterminer l’origine de la seconde intifada, livre les conclusions de son enquête : Israël doit geler toute nouvelle construction de colonie et arrêter les destructions des biens palestiniens. L’Autorité palestinienne quant à elle doit faire cesser les actes commis par les Palestiniens. Mais les attentats suicides se multiplient contre Israël, qui riposte. Les Etats-Unis interviennent alors, par l’intermédiaire du directeur de la CIA George Tenet. Il propose le 12 juin 2001 un plan calqué sur le rapport Mitchell : arrêt des violences commises par les Palestiniens, désarmement des deux parties, retrait des forces israéliennes des territoires autonomes et gel des colonies. Le 13 juin, il décrète le cessez-le-feu. Mais les attentats reprennent en fin juin et juillet, notamment des attentats ciblés contre des responsables islamistes, tandis que des Palestiniens, dont des membres du Hamas, commettent un attentat-suicide à Jérusalem le 9 août. En réaction, l’armée israélienne entre en Cisjordanie et tue le 27 août l’un des chefs de l’OLP, Abou Ali Moustapha, à Ramallah.

L’après 11 septembre 2001

Suite aux attentats du 11 septembre 2001, les actes de violence s’accroissent, avec des attentats commis de part et d’autre. C’est dans ce contexte que se réunissent le 26 septembre le chef de l’Autorité palestinienne Arafat et le ministre israélien des Affaires étrangères Pérès. Ils décident de mettre en œuvre les plans Mitchell et Tenet, mais les actes de violence se poursuivent. Dans ce contexte, et alors que les troupes américaines sont entrées en Afghanistan, le président Bush dit reconnaître le droit à un Etat pour les Palestiniens dans la mesure où le droit à l’existence de l’Etat d’Israël est respecté. Mais l’implication américaine, par l’envoi d’émissaires, n’arrête pas la violence. En décembre, à la suite d’attentats du Hamas contre des Israéliens en Cisjordanie, Israël considérant qu’Arafat est responsable de la situation, rompt les relations avec l’Autorité palestinienne et encercle militairement Ramallah. Arafat demande que les groupes armés palestiniens arrêtent les violences contre Israël, le Hamas et le Jihad islamique cessent alors les attentats.

En janvier 2002, un bateau chargé d’armes qui serait en provenance d’Iran et à destination de l’Autorité palestinienne, est intercepté par Israël. Dans ce conteste tendu, et en dépit de la trêve, les attaques du Hamas et du Fatah reprennent le 9 janvier à la suite de l’attaque d’un poste militaire israélien par le Hamas. Le cycle de violences-représailles s’intensifie, faisant que le Premier ministre Ariel Sharon envisage en février la construction d’un mur entre Israéliens et Palestiniens dans les territoires occupés. En mars, les violences sont telles que l’administration américaine intervient. Elle est à l’initiative de la résolution 1397 votée le 13 mars, qui mentionne pour la première fois un Etat palestinien. Les Etats arabes tentent également de trouver une solution au conflit, lors du Sommet de la Ligue arabe qui se tient à Beyrouth fin mars. Les Etats arabes proposent à Israël une normalisation des relations en échange de l’évacuation par Israël des territoires occupés depuis 1967. Malgré ces avancées diplomatiques, les violences se poursuivent toujours, notamment à Ramallah où des bureaux de l’Autorité palestinienne sont détruits et encerclés par l’armée israélienne. L’ONU vote alors le 30 mars la résolution 1402, demandant le retrait de l’armée israélienne de Ramallah. Mais début avril, les opérations israéliennes se poursuivent en Cisjordanie, notamment dans les villes d’Hébron, de Bethléem (la basilique de la Nativité, dans laquelle se sont réfugiés des combattants palestiniens, est assiégée par jusqu’au 10 mai), de Naplouse, et dans le camp de Jenine. L’intervention israélienne dans le camp de Jenine donne lieu le 20 avril à la résolution 1405 de l’ONU afin de déterminer les faits. Dans le même temps, la diplomatie américaine obtient des Israéliens leur départ de Ramallah. Le 2 mai, l’armée israélienne quitte Ramallah.

Israël commence mi juin les travaux de construction du mur de séparation entre la Cisjordanie et Israël, d’une longueur de 350 km. Les attentats du Hamas se poursuivent en juin, et Israël, en représailles, réoccupe la Cisjordanie. En septembre, malgré l’accord du 18 août signé entre les Israéliens et les Palestiniens (refusé par le Hamas et par le Jihad islamique) à propos du retrait israélien de Gaza et de la prise de contrôle par l’Autorité palestinienne, des actions sont commises par l’armée israélienne. Le cycle des attentats-représailles se poursuit à l’automne. La diplomatie américaine intervient alors afin de trouver une solution au conflit israélo-palestinien. A l’automne 2002, une « feuille de route », élaborée par les Etats-Unis, l’ONU, l’UE, la Russie (qui constituent le quartet), doit permettre d’aboutir à la création d’un Etat palestinien avant 2005. Ce plan ne change rien sur le terrain, où les attentats se poursuivent. Sur le plan intérieur, des élections législatives anticipées sont prévues pour janvier 2003. Au cours de la campagne, deux tendances s’expriment : celle des travaillistes prêts à reprendre les négociations avec les Palestiniens, celle du Likoud en faveur d’un Etat palestinien aux pouvoirs réduits.

Publication de la « feuille de route »

Les élections du 28 janvier 2003 portent au pouvoir le Likoud, et Ariel Sharon constitue un gouvernement d’union nationale. Les attentats continuent en Israël et dans les territoires palestiniens tandis que, sur le plan extérieur, la guerre du Golfe débute le 19 mars. La situation politique évolue en Palestine, avec la nomination par Arafat le 18 mars du numéro deux de l’OLP, Mahmoud Abbas, comme Premier ministre. La nomination d’un Premier ministre, condition essentielle posée par les Etats-Unis à la publication de la « feuille de route », permet d’entamer le processus de paix. Alors que la guerre en Irak connaît des avancées positives pour la coalition, la « feuille de route » est publiée le 30 avril. Son but est de parvenir à régler le conflit israélo-palestinien avant 2005. Les responsables politiques palestiniens doivent mettre fin au « terrorisme » et « instaurer un régime démocratique fondé sur la tolérance et la liberté ». De son côté, Israël doit « faire le nécessaire pour qu’un Etat palestinien démocratique soit établi », et doit démanteler ses colonies.

Il n’en demeure pas moins que la violence continue en mai, tandis que les Premiers ministres Mahmoud Abbas et Ariel Sharon se rencontrent le 4 juin afin de lancer la feuille de route. Le Premier ministre palestinien entre également en négociation avec le Hamas, afin de parvenir à arrêter les attentats. Le Hamas accepte une trêve fin juin, suivi par le Jihad islamique, le Fatah et le FPLP. Malgré ces avancées, les Américains estiment que le processus n’est pas assez rapide, de même que les Israéliens qui craignent le réarmement des groupes armés palestiniens pendant cette période de trêve. La tension est donc palpable, et la violence renait à la suite d’une opération israélienne. Le Hamas et le Jihad islamique mettent alors fin à la trêve en août. Le 6 septembre, Mahmoud Abbas démissionne et Arafat nomme Ahmad Qorei, principal négociateur des accords d’Oslo, Premier ministre. Israël poursuit ses attaques ciblées contre des responsables palestiniens (6 septembre : tentative d’assassinat du chef spirituel du Hamas, cheikh Ahmad Yassine), mais également contre des membres basés en Syrie (5 octobre : raid israélien contre une base présumée du Jihad islamique près de Damas).

Fin 2003, des initiatives de paix sont lancées conjointement par des Israéliens et des Palestiniens (plan Yossi Beilin/Yasser Abed Rabbo d’octobre 2003 sous l’égide de la Suisse ; plan Nusseibeh/Ayalon). Dans ce contexte, Sharon annonce en février 2004 vouloir mettre fin aux colonies israéliennes dans la bande de Gaza, en raison notamment de leur coût financier. Le plan Sharon est diversement apprécié. Les Etats-Unis l’approuvent le 14 avril ainsi que le Quartet le 4 mai. En revanche, il est rejeté par le Likoud à 60% le 2 mai.

Violences entre Israël et le Hamas

En parallèle des ces décisions diplomatiques, les attentats se poursuivent. A la suite d’un attentat le 14 mars à Tel-Aviv faisant 11 victimes israéliennes, revendiqué par le Hamas et les martyrs d’Al Aqsa, l’armée israélienne, lors d’une attaque ciblée, tue cheikh Yassine le 22 mars. Son successeur, Abdel Aziz al-Rantissi est également tué le 17 avril. A Gaza, les Israéliens mènent également des opérations en mai, afin d’arrêter l’acheminement d’armes et de combattants entre Gaza et l’Egypte. Sur le plan interne, la proposition de Sharon concernant l’abandon des colonies dans la bande de Gaza est adoptée le 6 juin par le gouvernement israélien, mais ce gouvernement d’union nationale est très divisé sur ce projet. L’autre problématique est celle du mur de séparation entre la Cisjordanie et Israël : le 9 juillet, la cour internationale de justice, saisie en décembre 2003 par l’ONU, déclare que la construction du mur est une atteinte à l’autodétermination des Palestiniens et demande le versement d’indemnités. Le 20 juillet, une résolution est votée par l’ONU, demandant la destruction du mur et le paiement de réparations. Concernant le retrait de la bande de Gaza, les colons israéliens s’y opposent et le 25 juillet, environ 150 000 colons israéliens font une chaîne humaine entre Gaza et Jérusalem afin de protester contre le retrait qui doit s’effectuer avant la fin 2005. La crise politique et sociale est telle que l’on craint l’assassinat du Premier ministre. En outre, fin août, les attentats du Hamas se poursuivent, en réponse aux attentats ciblés israéliens. Une opération appelée Jour de repentir est également menée du 30 septembre au 15 octobre par les Israéliens dans la bande de Gaza, afin de mettre fin aux tirs de roquettes vers Israël. Le climat est toujours très tendu en Israël en raison du retrait prochain de la bande de Gaza. Cette tension se répercute au niveau politique. Même si le plan de retrait est voté à la Knesset le 26 octobre, une grande partie du Likoud (parti du Premier ministre) y est hostile. C’est ainsi qu’en décembre, les travaillistes entrent au gouvernement aux côtés du Likoud, afin de maintenir la coalition gouvernementale majoritaire à la Knesset (à la suite du limogeage par Sharon de 5 ministres du parti laïque Shinouï). Dans ce nouveau gouvernement, le travailliste Shimon Peres est chargé du plan de retrait de Gaza. Entre temps, le 11 novembre, Arafat, dont la santé s’est détériorée, meurt à Paris. Mahmoud Abbas devient alors président de l’OLP et est élu président de l’Autorité palestinienne. Ahmad Korei est confirmé dans ses fonctions de Premier ministre.

En 2005, plusieurs décisions sont prises. En février, le gouvernement israélien prévoit le retrait de Gaza pour le mois d’août. Cette décision est confirmée avec Mahmoud Abbas lors d’une réunion le 21 juin avec Ariel Sharon. En outre, le gouvernement israélien prévoit le départ de quatre villes au nord de la Cisjordanie. Le 15 mars, Israël rend à l’Autorité palestinienne la sécurité de la ville de Jéricho, en Cisjordanie ; une décision analogue est prise le 21 mars concernant la ville de Tulkarem. Il n’en demeure pas moins qu’en mai, la tension renait à Gaza à la suite de la mort d’un combattant du Hamas. Sur le plan international, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis demandent que la « feuille de route » soit respectée, en particulier le démantèlement des colonies juives de Cisjordanie. Comme prévu, et en dépit de l’hostilité d’une partie de la population au retrait de Gaza, celui-ci commence le 17 août et se termine le 22 août. Au total, 8000 colons quittent les colonies de Gaza. A l’automne 2005, les attentats se poursuivent contre les Israéliens et le Hamas annonce ne pas poursuivre la trêve commencée en mars. Les tirs de roquettes se poursuivent à partir de la bande de Gaza contre Israël, qui riposte fin décembre par un raid aérien contre une base du FPLP basée à Beyrouth.

Le gouvernement d’Ehoud Olmert

En 2006, Ariel Sharon qui avait annoncé son intention de démissionner de ses fonctions et de créer un nouveau parti centriste appelé Kadima, est victime d’un accident cérébral ; Ehoud Olmert, vice Premier ministre, assure l’intérim. Pendant cette année, la violence se poursuit en Cisjordanie. C’est dans ce climat que des élections anticipées se déroulent en Israël le 28 mars. Le parti Kadima, dont fait parti Ehoud Olmert, arrive en tête avec 22% des voix (29 sièges sur 120). Ehoud Olmert devient Premier ministre et constitue un gouvernement composé des partis Kadima, travailliste, Shass et de celui des retraités. En Palestine, les élections législatives de janvier assurent la victoire du Hamas, avec 76 sièges sur 132, le Fatah en obtient 43, le FPLP et FDPLP en remportent 13. Pour Israël, cette élection est durement vécue, car le Hamas refuse de le reconnaître. Cette élection entraine la fin du versement des taxes par Israël à l’Autorité palestinienne. Le 25 juin, à la suite d’un raid israélien dans le sud de la bande de Gaza, les Palestiniens enlèvent le soldat israélien Gilad Shalit. S’en suit l’opération israélienne appelée Pluie d’été menée contre les intérêts palestiniens dans le sud de la bande de Gaza au cours de laquelle des membres du Hamas sont arrêtés par l’armée israélienne, dont des ministres et des responsables politiques. Les Israéliens entrent également dans le nord de Gaza, d’où sont tirées des roquettes contre Israël. Le 4 juillet, une roquette est tirée du nord de la bande de Gaza sur la ville israélienne d’Ashkelon. La tension générée par cette attaque est renforcée par l’emprisonnement de deux soldats israéliens à la frontière israélo-libanaise par le Hezbollah. Dans ce climat de tension exacerbé, la guerre Israël-Hezbollah est déclenchée le 12 juillet sur le territoire du Liban et se termine le 14 août par le redéploiement de l’armée israélienne du Sud Liban. Les opérations militaires reprennent néanmoins avec les Palestiniens en novembre : l’armée israélienne intervient du 1er au 7 novembre dans la ville de Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, dans le but d’arrêter les tirs de roquettes en direction d’Israël. Cette opération fait 56 morts palestiniens. Mais les tirs de roquettes reprennent à Beit Hanoun en direction d’Israël, entrainant sa riposte.

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George Bush, Mahmoud Abbas et Ehoud Olmert
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En 2007, Israël maintient sa politique envers le Hamas et refuse de coopérer avec lui tant que les conditions de la feuille de route (reconnaissance d’Israël et fin de la violence) ne seront pas respectées. En avril, les affrontements reprennent tant dans la bande de Gaza qu’en Cisjordanie et en mai, alors que les tirs de roquettes se poursuivent de la bande de Gaza vers Israël, l’armée israélienne bombarde les positions du Hamas à Gaza. Sur le plan intérieur, Shimon Peres est élu à la présidence de la République par la Knesset le 13 juin, en remplacement de Moshe Katsav. Les affrontements se poursuivent tandis que le président américain Georges Bush organise le 27 novembre un sommet sur la paix à Annapolis, dans le Maryland, réunissant Ehoud Olmert, Mahmoud Abbas et 38 autres Etats. Le but du sommet est de relancer le processus de paix et notamment la question de la création d’un Etat palestinien et celle d’un règlement global du conflit israélo-palestinien. Au terme de la conférence, Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas acceptent la reprise de la feuille de route et indiquent qu’ils mettront tout en œuvre afin de trouver un accord avant la fin du mandat présidentiel américain en 2008.

En janvier 2008, les violences se poursuivent à Gaza, avec des tirs de roquettes du Hamas vers Israël et des raids israéliens à Gaza. Le 15 janvier, la bande de Gaza est bouclée par l’armée israélienne, empêchant le ravitaillement des habitants de Gaza. La frontière entre l’Egypte et Gaza est alors ouverte par le Hamas le 24 janvier, afin de permettre le ravitaillement de la population palestinienne. Fin février, une nouvelle offensive est lancée par Israël contre Gaza, toujours afin de faire cesser les tirs de roquettes vers les villes israéliennes de Ashkelon et de Sdérot. Cette opération dure jusqu’au 3 mars, mais les tirs de s’arrêtent pas pour autant. En avril, le Hamas décide de mettre fin au blocus mis en place en janvier par Israël à Gaza et des attaques sont alors menées contre les points de contrôle israéliens. Une médiation égyptienne permet la reprise des négociations, avec l’acceptation du Hamas de cesser les combats et d’Israël de lever partiellement le blocus : la trêve est effective le 19 juin, pour une période de six mois. Dans ce contexte de violence, Israël fête les 60 ans de sa création le 14 mai et des cérémonies sont organisées, notamment en présence du président américain Bush.

Difficultés politiques israéliennes et opérations contre le Hamas

En politique intérieure, le Premier ministre Ehoud Barak annonce renoncer à ses fonctions le 30 juillet 2008 en raison de son implication dans des affaires de corruption et des critiques dont il est l’objet à la suite de la guerre contre le Hezbollah libanais. Le 17 septembre, des primaires se déroulent au parti Kadima. La ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni les remportent d’une courte avance contre le ministre des Transports Shaul Mofaz (43% contre 42%). A la suite de la démission d’Ehoud Barak, le président Shimon Peres charge Tzipi Livni de former un nouveau gouvernement dans un délai de 42 jours. Mais en raison de difficultés avec le parti Shass et avec la Liste unifiée de la Torah, elle y renonce et demande que des élections législatives anticipées soient organisées (elles sont prévues pour le 10 février 2009). Avec la Palestine, en dépit de la trêve signée le 19 juin, les attaques reprennent dans la Bande de Gaza en novembre, et Israël boucle Gaza. Dans ce contexte, à la suite de la conférence d’Annapolis du 27 novembre 2007, la résolution 1850 adoptée par le conseil de sécurité de l’ONU le 16 décembre réaffirme le soutien au processus de paix. Mais quelques jours plus tard, la trêve conclue le 19 juin entre le Hamas et Israël à Gaza pour une période de six mois n’est pas reconduite par le Hamas : la raison avancée est le non respect de la trêve par Israël. Dans ce contexte de grande tension, alors que les tirs de roquettes se poursuivent contre Israël à partir de la Bande de Gaza, l’opération « plomb durci » est déclenchée par Israël le 27 décembre, dans le but de faire cesser les tirs de roquette touchant le sud d’Israël. Les raids aériens ont pour objectif les camps du Hamas, des bâtiments officiels et les infrastructures. Les tunnels reliant Rafah à l’Egypte, permettant le passage d’armes, sont également bombardés. Le 28 décembre, l’ONU demande la fin des violences, le 30 décembre, un cessez-le-feu immédiat est demandé par les Etats-Unis, l’ONU, la Russie et l’UE, mais il est refusé par Israël qui démarre les opérations terrestres. Elles durent du 3 au 18 janvier, et pendant cette période, des responsables du Hamas sont tués, des écoles et des camps sont touchés par des bombardements. Un plan d’arrêt des combats est présenté le 6 janvier par le président français Nicolas Sarkozy et par le président égyptien Hosni Moubarak. Alors que la situation humanitaire devient très difficile pour les Palestiniens, Israël accepte le ravitaillement de Gaza. L’ONU adopte également la résolution 1860 qui demande « un cessez-le-feu immédiat (…) menant au retrait complet des forces israéliennes de Gaza ». Mais il est rejeté par le Hamas et par Israël. Les opérations militaires se poursuivent et plusieurs bâtiments sont détruits le 15 janvier à Gaza-ville (hôpital, bureau de presse, entrepôt de l’ONU) tandis que le ministre de l’Intérieur, membre du Hamas, est tué au cours d’un raid. Le 17 janvier, l’ONU vote une résolution analogue à la résolution 1860. Le même jour, Israël accepte le cessez-le-feu pour le 18 janvier, mais il est refusé par le Hamas qui accepte néanmoins une trêve d’une semaine, afin que l’armée israélienne se retire de Gaza, ce qui est fait le 20 janvier. Le bilan de la guerre s’élève du côté palestinien à 1300 tués dont 420 enfants et à 5300 blessés. Sur le plan diplomatique, une réunion est organisée par les présidents français et égyptiens à Charm el-Cheikh à laquelle participe des Etats membres de l’UE, le secrétaire général des Nations unies Ban Kimoon, le président palestinien Mahmoud Abbas et des chefs d’Etat arabes, afin de mettre en place une trêve durable et de lever le blocus israélien sur Gaza.

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Benyamin Nétanyhaou
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Sur le plan intérieur, des élections législatives se déroulent le 10 février 2009, le parti Kadima au pouvoir remporte 28 sièges et le Likoud 27, les autres partis se partageant le reste des sièges. Le président Shimon Peres doit alors choisir le nouveau Premier ministre entre Tzipi Livni, à la tête de Kadima et Benyamin Nétanyhaou, à la tête du Likoud, afin de former un gouvernement de coalition. Le chef du Likoud est choisi comme Premier ministre et forme le nouveau gouvernement de coalition, allant des travaillistes, avec le ralliement d’Ehoud Barak (nouveau ministre de la Défense) aux partis d’extrême droite. En revanche, Kadima refuse de participer au gouvernement. Benyamin Nétanyhaou, dans un discours prononcé le 14 juin, dit accepter la création de l’Etat palestinien, à la condition que l’Etat d’Israël soit également reconnu par les dirigeants palestiniens, que le futur Etat palestinien soit démilitarisé, que la question des réfugiés et de leur retour ne soit pas soulevée, que Jérusalem soit la capitale de l’Etat hébreu et que le Hamas soit renversé.

Bibliographie
Elie BARNAVI, Une histoire moderne d’Israël, Flammarion, Paris, 1991, 347 pages.
Les collections de L’Histoire, Israël-Palestine, avril 2008.
Henry LAURENS, L’Orient arabe à l’heure américaine, de la guerre du Golfe à la guerre d’Irak, Hachette Littératures, Paris, 2008, 452 pages.
L’Histoire, Israël, de Moïse aux accords d’Oslo, Points Seuil, Paris, 1998, 572 pages.
Questions internationales n°27, Israël, la Documentation française, novembre-décembre 2007.
Site de la Documentation française, chronologie internationale, Moyen-Orient.
E. U., « Israël-Etat d’Israël », Encyclopédie Universalis 2008.

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