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Géographie des forces militaires au Moyen-Orient
Article publié le 04/12/2014

Par Corentin Denis

Malgré le recul des guerres interétatiques, le niveau de conflictualité du Moyen-Orient est toujours élevé. La perception d’une menace par les États de la région se traduit par une augmentation des budgets militaires : la hausse a été de 12% entre 2011 et 2013, portant la part des dépenses militaires dans le produit intérieur brut pour l’ensemble des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord à 5%. Cette région est celle qui utilise la plus grande proportion de ses ressources dans la défense (par comparaison, l’Europe hors Russie consacre 1,5% de son PIB à la défense, les États-Unis moins de 4%). Les dynamiques varient entre les pays et l’équilibre géostratégique de la région a connu des évolutions récentes : le déclin de la puissance militaire irakienne et l’affirmation iranienne sont deux tendances notables, tandis que l’Arabie saoudite continue à affirmer son leadership sur les pays du Golfe et au-delà.

Même si les rapports de force et les interdépendances sont mondialisés, l’analyse porte sur la région qui s’étend de l’Égypte à l’Iran, un espace cohérent par l’intensité des tensions et des interactions qui le traversent. Afin de comprendre les équilibres de la région, les forces à disposition de chaque État seront d’abord comparées (I). Cependant, dans la mesure où un affrontement conventionnel est désormais peu probable, certains acteurs développent des armements alternatifs, non conventionnels, afin de compenser leur faiblesse apparente (II). Les rapports de forces sont ensuite modifiés par les partenariats, entre des États de la région et avec des puissances extérieures (III).

I. L’équilibre des forces conventionnelles entre les États

a) Les principales forces en présence

Les armées des pays étudiés se caractérisent par des effectifs importants (la France, dont le budget consacré à la défense est le 6ème du monde, a un effectif militaire de 220 000 personnes et une réserve assez faible). Elles sont bien dotées en chars et autres véhicules blindés, adaptées pour des confrontations classiques aux frontières, sur des terrains généralement étendus et désertiques, comme lors de la guerre des Six-Jours ou du Kippour. Les forces au sol bénéficient d’un soutien aérien, notamment des F-16 Fighting Falcon du constructeur états-unien Lockheed Martin (Israël en possède 340, l’Égypte 200), mais aussi des Mirage de Dassault (Émirats arabes unis, Iran, Qatar).

Les capacités israéliennes surpassent celles des autres armées de la région. Tsahal (acronyme hébreu d’Armée de défense israélienne) a fait ses preuves dans plusieurs confrontations conventionnelles depuis le milieu de XXème siècle : contre une coalition arabe en 1948, contre l’Égypte, la Jordanie et la Syrie en 1967 et contre une coalition menée par l’Égypte et la Syrie en 1973. La priorité est toujours la sécurisation des frontières : Israël a ainsi pu riposter à une incursion syrienne dans le Golan par des frappes aériennes et des missiles ciblés en territoire syrien. L’aviation israélienne est particulièrement bien équipée en avions de chasse états-uniens et en drones et peut compter sur des pilotes de très haut niveau.

La Turquie quant à elle a réduit ses effectifs depuis la fin de la guerre froide mais investit dans la modernisation de son armée. L’armée turque doit en effet être à la hauteur des engagements liés à l’appartenance à l’OTAN et du rôle de la Turquie à l’échelle régionale. Elle développe ses propres technologies militaires, s’équipe de chars de construction nationale et produit sous licence des avions de chasse Lockheed F-16. L’armée de terre est la mieux dotée et la plus sollicitée pour des missions à l’intérieur du territoire, contre les séparatistes kurdes. Récemment, la Turquie a joué un rôle de médiation et de stabilisation dans le Moyen-Orient. Sa situation géographique en fait un poste-avancé de l’OTAN dans une région sous tensions. Ainsi, en 2013, des missiles Patriot y ont été déployés par l’OTAN afin de faire face à une potentielle menace syrienne.

Les pays du Golfe sont actuellement également attachés à la modernisation de leurs arsenaux et y consacrent des sommes importantes. L’Arabie saoudite a notamment le 4ème budget militaire du monde. Sa flotte d’avions de combats, de transport et de ravitaillement assure un déploiement rapide à l’intérieur du territoire et permet d’envisager des interventions d’ampleur modeste à l’étranger. Bien que son effectif reste faible, l’armée des Émirats arabes unis est la puissance montante de la région : ses chars Leclerc ultrasophistiqués et ses systèmes de défense sol-air permettraient de faire face à une invasion du territoire tandis que son aviation moderne de Mirage serait prête à effectuer des frappes en profondeur en territoire iranien [1].

L’Iran de son côté subit l’embargo sur les armes décidé par l’ONU, l’obligeant à développer une industrie de défense nationale. Il produit notamment des chars et des missiles à longue-portée. Le pays est en pointe également dans le domaine de la guerre informatique : des groupes de pirates iraniens se sont illustrés en attaquant des sites comme Twitter et des organisations internationales tandis que l’armée régulière organise des exercices de cyber-défense. L’armée iranienne a une influence régionale et une capacité d’intervention comme en témoigne l’envoi de membres du corps des gardiens de la révolution en Syrie en 2012.

b) Un manque d’autonomie stratégique

De manière générale, les États du Moyen-Orient ne dispose pas des moyens d’information et de communication suffisants pour assurer leur défense de façon autonome. Seuls Israël, avec ses satellites d’observation Ofek et l’Iran, avec un unique satellite d’observation, possèdent des moyens de renseignements modernes.
La seconde faiblesse partagée par les pays de la région est l’incapacité à se projeter hors de leur frontière en toute autonomie. Les marines servent essentiellement à la défense côtière et ont un potentiel d’action amphibie réduit ; les capacités de transport aérien stratégiques sont elles aussi trop faibles. Or il ne paraît pas envisageable pour un pays comme l’Iran de traverser le territoire d’un État tiers pour attaquer un pays distant, comme le faisait l’armée irakienne traversant la Jordanie pour affronter Israël en 1948 et en 1973 [2]. Cependant, l’invasion ne paraît plus être l’objectif principal des armées de la région, notamment depuis que la plupart des pays arabes s’accommodent de fait de l’existence d’Israël. La priorité est donnée aux actions ciblées (sur le modèle de l’opération Opéra menée par l’aviation israélienne contre un réacteur nucléaire au cœur du territoire irakien en 1981), davantage à la portée des armées moyen-orientales.

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Carte 1 : Les forces armées régulières au Moyen-Orient

La comparaison des capacités conventionnelles est insuffisante dans la mesure où plusieurs pays de la région possèdent et font usage d’armes non-conventionnelles permettant de compenser leurs faiblesses et tirer partie de situations d’asymétrie.

II. Prolifération des armes de destruction massive

L’expression « arme de destruction massive » est une expression américaine popularisée au moment de la guerre en Irak de 2003, dont le motif était précisément la détention de ce type d’armes par l’armée irakienne. Cette catégorie n’existe pas en droit international : on parle d’armes non-conventionnelle à propos des armes nucléaire, bactériologiques et chimiques car elles sont interdites ou limitées par les conventions internationales régissant le droit de la guerre. De telles armes sont présentes au Moyen-Orient et ont été utilisés dans des conflits récents.

a) Les armes chimiques

Les armes chimiques « utilisent délibérément les propriétés toxiques de substances chimiques pour tuer ou pour blesser » explique le site du Bureau des affaires du désarmement des Nations unies [3]. Dans le cas d’une confrontation entre deux armées, elles permettent de ralentir les troupes adverses et d’infliger des pertes humaines importantes, ce qui en fait une option intéressante pour l’armée numériquement plus faible.
Mais les événements récents montrent que le gaz a aussi un usage interne pour certains régimes. Le 21 août 2013, des centaines de civils ont été tués et des milliers blessés par des obus contenant des charges de sarin et d’autres gaz neurotoxiques dans une banlieue de Damas contrôlée par l’opposition à Bachar al-Assad [4]. Le régime syrien est accusé d’avoir recouru à des gaz contre la population à plusieurs reprises. En Irak, le gouvernement de Saddam Hussein avait déjà mené des attaques au gaz contre la minorité kurde dans les années 1980. Dans le cadre de la campagne Anfal, qualifiée de génocide par la justice internationale, l’armée irakienne a lâché des gaz moutarde et des gaz innervants sur ville kurde d’Halabja, faisant 3 000 à 5 000 morts et de nombreux blessés.

b) La dissuasion nucléaire

Israël est le premier État de la région à s’être doté d’armes nucléaires. Les premières bombes ont été assemblées en 1967 grâce à une coopération avec la France. Israël nie officiellement être une puissance nucléaire mais ne cherche nullement à dissiper les ambiguïtés. Israël disposerait de missiles balistiques à portée intermédiaire (Jericho) jusqu’à 5 000 km ainsi que de sous-marins lanceurs d’engins.

L’Iran ne dispose pas d’armes nucléaires, mais la découverte au début des années 2000 d’installations et d’activités nucléaires a suscité des inquiétudes. L’Iran défend son droit à enrichir faiblement de l’uranium pour le destiner à la production d’électricité afin de répondre à la demande croissante de sa population, cependant l’enrichissement d’uranium est aussi à la base de la fabrication d’armes nucléaires, à partir du moment où il est enrichi à au moins 20%. La stratégie du président Ahmadinejad était de conserver l’ambiguïté sur l’état du programme nucléaire iranien et vraisemblablement de rester au seuil, pousser les activités d’enrichissement à la limite du nucléaire militaire sans pour autant enfreindre le traité de non-prolifération [5]. Pour apaiser les tensions avec l’Europe et les États-Unis, le président Rohani s’est engagé par un accord de novembre 2013 à diluer ses stocks d’uranium enrichi à 20% en échange de la levée des sanctions contre son pays.

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Carte 2 : Les armes non-conventionnelles au Moyen-Orient

III. Stratégies d’alliance et présence étrangère

En plus de ses capacités propres, la force d’un État dépend de sa capacité à mobiliser des partenaires en cas d’agression ou pour mener des actions conjointes. Le Moyen-Orient est découpé en ensembles géostratégiques plus ou moins solidaires et l’appui de grandes puissances étrangères à la région modifie certains rapports de forces.

a) Les partenariats de défense

L’ensemble des pays arabes du Moyen-Orient, du Maghreb, ainsi que Djibouti, la Somalie et les Comores sont membres de la Ligue arabe, à l’exception de la Syrie, suspendue en 2011. L’objectif de la Ligue, créée en 1945, est de défendre l’indépendance et la souveraineté des pays arabes et de renforcer la coopération sur les sujets qui touchent à leurs intérêts propres. L’unité politique promue par la Ligue reste essentiellement rhétorique : elle n’a par exemple pas pu empêcher l’invasion par l’Irak d’un autre État membre, le Koweït, en 1990. Elle ne dispose pas de force militaire mais a mis en place un conseil de coopération militaire et déployé des forces de maintien de la paix lors de certaines crises, notamment au Sud-Liban, au Darfour, en Irak et en Somalie. Les capacités d’interventions conjointes sont assez limitées.

Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) est un club plus restreint de pétromonarchies sunnites : l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar. Depuis les années 1980, les pays membres organisent des manœuvres militaires communes : le Bouclier de la Péninsule est la composante militaire du CGG, destiné à coordonner les forces des pays membres pour faire face à l’agression de l’un d’entre eux. Elle rassemble environ 40 000 soldats (en 2011) et sa base permanente est située à Hafar al Batin, à proximité de la frontière du Koweït et de l’Irak. La force a notamment servi à soutenir le gouvernement de Bahreïn face au soulèvement de 2011. L’intégration régionale n’empêche pas la rivalité entre les membres, et notamment l’exacerbation de la crise diplomatique entre l’Arabie saoudite et le Qatar, la première reprochant au second ses ingérences dans ses affaires via son soutien au mouvement politique des Frères musulmans.

L’« axe chiite » désigne le partenariat entre la Syrie et l’Iran face à l’organisation des pays sunnites et à Israël. Il s’est renforcé à mesure que les deux pays se sont retrouvés de plus en plus isolés sur la scène internationale. L’Iran a pu bénéficier d’un soutien à revers via la Syrie dans sa guerre contre l’Irak et peut exercer son influence sur le Liban par l’intermédiaire du Hezbollah. La relation prioritaire stratégique est entérinée par un accord de défense en 2008 et se traduit par l’envoi de gardiens de la révolution iraniens pour soutenir le régime de Bachar al-Assad. Il importe cependant de nuancer la force de l’axe chiite : la diplomatie iranienne pratique avant tout la realpolitik et ne s’interdit pas de jouer sur d’autres registres que la solidarité chiite et rechercher d’autres partenaires [6].
La Turquie et Israël, les deux pays les plus puissant militairement de la région entretiennent des relations de longue date, sous le patronage des États-Unis. Dès 1949, la Turquie est le premier pays musulman à reconnaître Israël. Le rapprochement stratégique s’est conclu par des accords militaires en 1996 prévoyant des ventes de matériel, des entrainements conjoints et la coopération en matière de renseignement. Des pilotes israéliens ont ainsi pu s’entrainer au dessus de l’Anatolie, permettant à Israël de dépasser la contrainte que représentait l’étroitesse de son territoire. Cependant, les relations entre les deux pays se refroidissent depuis quelques années. Le gouvernement conservateur de l’AKP en Turquie, comme la droite israélienne durcissent les positions des deux pays sur la question palestinienne et la Turquie réoriente sa diplomatie vers les pays musulmans de son voisinage.

b) Forte présence occidentale dans la région

La présence des États-Unis assure un appui à Israël et à la Turquie et joue un rôle d’encerclement de l’Iran. Les États-Unis entretiennent par ailleurs des relations militaires avec les pays du Golfe et disposent de plusieurs bases dans la région. 35 000 soldats américains seraient déjà présents au Moyen-Orient dont 15 à 20 000 au Koweït, tandis que Bahreïn héberge le commandement de la 5ème flotte. Les aéronefs mobilisés dans la lutte contre Al-Qaïda et l’État islamique peuvent utiliser des bases au Qatar, au Koweït et aux Émirats arabes unis.

L’armée britannique pour sa part a conservé deux bases à Chypre (Akrotiri et Dhekelia) servant de bases pour les avions de la Royal Air Force ainsi que de stations d’écoute pour intercepter les communications en Méditerranée orientale. La France, de son côté, est présente à Djibouti et à Abou Dhabi. 750 militaires français sont installés aux Émirats arabes unis : sur la base navale de Port Zayed, base de l’amiral commandant la zone maritime de l’Océan Indien (Alindien), sur un centre d’entrainement de l’armée de terre et sur une base aérienne accueillant les 6 Rafale actuellement utilisés pour les raids contre l’État islamique.

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Carte 3 : présence militaire occidentale au Moyen-Orient

L’équilibre militaire de la région repose sur un équilibre classique de forces conventionnelles adaptées à la guerre terrestre et à la défense des frontières. L’usage d’armes dites de destruction massive menace l’équilibre classique par la possibilité de guerres asymétriques. Les États-Unis, avec la France et le Royaume-Uni restent très implantés dans cette région sensible et sont mobilisés auprès de leurs alliés contre les menaces non-étatiques. À mesure de l’avancée de l’État islamique en Syrie et en Irak, de plus en plus d’armes et de matériels militaires passent en effet du stock des armées régulières aux mains d’acteurs non-étatiques agissant sur un espace transfrontalier. Des zones de non-droit sur lesquelles les armées nationales n’ont plus prise s’élargissent au cœur du Moyen-Orient : les « guerre de chaos » [7], qui font régner une violence décentralisée et de faible intensité menacent l’autorité des États sur leur propre territoire.

Bibliographie :

- BOULANGER Philippe, Géographie militaire et géostratégie, enjeux et crises du monde contemporain, Paris, Armand Colin, collection U., 2011.

- LEDAY William, « Équilibres militaires et stratégiques au Moyen-Orient », Hérodote, n°124, La Découverte, 1er trimestre 2007.

- MALIS, Christian, Guerre et stratégie au XXI ème siècle, Paris, Fayard, février 2014.

- International Institute of Strategic Studies, The Military Balance 2014, Londres, Routledge.

Notes :

[1BOULANGER Philippe, « Les défis géopolitiques d’une nouvelle puissance régionales, les Émirats arabes unis », Hérodote, n°133, La Découverte, 2ème trimestre 2009.

[2LEDAY William, « Équilibres militaires et stratégiques au Moyen-Orient », Hérodote, n°124, La Découverte, 1er trimestre 2007.

[3www.un.org/fr/disarmament/wmd/chemical/, consultée le 1er décembre 2014.

[4« Retour sur l’attaque chimique du 21 août à Damas », Le Monde, 28 août 2013.

[5GUILLEMOT Clément, « Le nucléaire iranien », Les Clés du Moyen-Orient, 3 septembre 2012, www.lesclesdumoyenorient.com/Le-nucleaire-iranien-1957-2012.html

[6Voir à ce sujet : BURDUY Jean-Paul, « Le croissant chiite : un discours récurrent sur la menace iranienne à l’épreuve de la realpolitik », Les Clés du Moyen-Orient, 28 juin 2012.

[7BOULANGER Philippe, Géographie militaire et géostratégie, enjeux et crises du monde contemporain, Paris, Armand Colin, collection U., 2011.

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